©Camille Moirenc

Alors que Costa Croisières vient d’y effectuer l’escale inaugurale de son Costa Toscana au GNL, le port phocéen espère bien retrouver le cours normal de ses opérations après plus d’une année en sommeil, les paquebots assignés à quai en raison de la crise sanitaire. Les enjeux sont d’importance à Marseille, premier port croisiériste européen. Le Club de la croisière Marseille Provence vient de renouveler sa confiance à Jean-François Suhas en tant que président.

L'escale du Costa Toscana, qui s'est déroulée le 6 mars à Marseille, est devenue symbolique à plusieurs titres pour le Club de la Croisière Marseille-Provence (CCMP). Elle illustre tout d'abord le redémarrage tangible de l'activité. D'autre part, le navire de Costa Croisières, sorti des chantiers fin 2021, est propulsé au GNL. Il est donc conforme à l'image de la nouvelle saison qui s'annonce dans le port phocéen pour cette association née en 1996 qui a contribué en quelques décennies à hisser Marseille parmi les ports millionnaires en croisiéristes. 

Pour Jean-François Suhas, le président du Conseil de développement du port de Marseille-Fos, réélu depuis 2015 à la tête de l’association et à nouveau pour un mandat supplémentaire, la principale difficulté « avait été de redémarrer » dans des conditions d’exploitation dégradées. Or, en juillet 2021, sur fond de crise, « avec des protocoles sanitaires robustes, tout s'est bien passé ».

Le port phocéen devrait retrouver un nombre d'escales quatre fois supérieur à 2021 avec cinq fois plus de passagers. Pour l'heure, 50 paquebots et 50 000 passagers ont déjà été accueillis depuis le début de l'année à Marseille. Soixante escales sont prévues en avril, 70 en mai, un mois où est annoncé « le retour des Américains », ajoute Julien Massoni, le directeur général des terminaux Marseille-Provence (MPCT).

Après le covid, la crise de l’Ukraine

Il table pour l'année en cours sur un total de 600 escales et environ 2 millions de passagers mais reste toutefois prudent. Car il s'est laissé dire que « l'été ne sera pas très bon ». L'année 2022 s'annonce toutefois bien meilleure que 2021 où, avec une activité n'ayant repris qu'en milieu d'année, le bilan s'est élevé à seulement 160 escales et 350 000 passagers.

Mais le conflit russo-ukrainien suscite quelques inquiétudes chez Jean-François Suhas, a fortiori avec un baril de Brut de la mer du Nord qui n’en finit plus de grimper depuis qu’il a franchi la barre symbolique des 100 $, jusqu’à 140 $ avant de redescendre autour des 115 $. Les soutes pèsent lourdement sur les dépenses d’exploitation des armateurs. 

Un appel d'offres pour un futur terminal

Malgré ces incertitudes, la croisière reste manifestement un secteur porteur pour le port phocéen. Hervé Martel, le président du directoire du port de Marseille-Fos, a annoncé qu’un appel d'offres avait été lancé pour la création d'un nouveau terminal dédié aux escales de luxe, qui sera situé près du Mucem. Sa clôture a été différée « pour permettre à tous les candidats de se faire connaître ». Le directeur du port annonce une construction à l'horizon 2024.

Enjeu pour le port mais dans le collimateur des riverains. Rappelant les engagements pris dans le cadre de la charte bleue en vigueur, Jean-François Suhas se félicite que la règlementation européenne ait été anticipée localement. Avec des navires de croisières pour lesquels le GNL devient un carburant alternatif de plus en plus courant, des solutions de soutage proposées localement et des escales « zéro fumée », « la croisière de demain ne sera plus celle d'hier », se plaît à dire Hervé Martel.

Entre-temps, le Club de la Croisière aura eu le temps de fêter ses 25 ans lors d'un événement qui se déroulera en juin. En outre, l'édition 2022 du Blue Maritime Summit est attendue à Marseille en octobre. Deux occasions pour les acteurs du secteur de faire le point sur l'ensemble des dossiers en cours.

Vincent Calabrèse