©angelo D.Fajardo pour ITF

 

Les compagnies maritimes représentées au sein d’Armateurs de France signent l’appel mondial en faveur des marins bloqués en mer en raison des restrictions sanitaires, des fermetures de frontières et du manque de transport aérien. Une « crise humanitaire » toujours ignorée.

Malgré de nombreuses initiatives pour trouver des solutions aux relèves d’équipage qui ne peuvent pas s’effectuer normalement en raison des mesures sanitaires, la problématique demeure. Et l'adoption le 1er décembre 2020 par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution demandant aux États membres de désigner les marins comme travailleurs clés et de mettre en œuvre des protocoles de changement d'équipage n’y a pas apporté d’évolution sensible.

Dans une nouvelle action presque jusqu’au-boutiste, plus de 300 entreprises ont lancé un appel mondial fin janvier sous la forme d’un manifeste appelé « déclaration de Neptune sur le bien-être des marins et le changement d'équipage ». « Le moment est venu pour chaque PDG, chaque membre du conseil d'administration, chaque entreprise qui dépend du transport maritime mondial, de reconnaître sa responsabilité et d'utiliser son influence pour exiger des gouvernements qu'ils débloquent les frontières aux marins avant que la crise ne s'aggrave. On ne peut plus l'ignorer », avait alors lancé Stephen Cotton, secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF).

300 entreprises signent une déclaration en faveur des marins bloqués en mer

Poids lourds du secteur 

Sous cet appel mondial à l’action, les signataires s’engagent et reconnaissent « avoir une responsabilité partagée pour faire en sorte que la crise actuelle du changement d’équipage soit résolue le plus rapidement possible. » Elles étaient plus de 300 entreprises et associations du secteur maritime à ouvrir le ban, parmi lesquelles des poids lourds du secteur, MSC, CMA CGM, Hapag-Lloyd, ONE, A.P. Møller-Mærsk, BV Veritas, BP, Cosco, DFDS, Euronav, HMM, Gazocean, France LNG Shipping, MPC Container Ships, MOL, NYK, PIL, Stena, Teekay, Trafigura, Shell… 

CIMer : Déception pour les armateurs

15 entreprises françaises

Les armateurs français viennent y apposer leur paraphe sous l’égide de leur organisation professionnelle Armateurs de France : Bourbon, Brittany Ferries, CMA CGM, la Compagnie Maritime Nantaise, DFDS, France LNG Shipping, Gazocean, Geogas maritime, Louis Dreyfus Armateurs, Jifmar Offshore Services, Maritima, Orange Marine, Ponant, Socatra et V Ships France.

« Le secteur du transport et des services maritimes fait actuellement face à de grandes difficultés opérationnelles au premier rang desquelles figure une crise humanitaire en mer. Les relèves d’équipages sont en effet très contraintes par les mesures de prévention sanitaires, les fermetures de frontières et le manque de transport aérien, indiquent les armateurs français, qui reconnaissent que les obstacles sont encore nombreux. « Les compagnies maritimes françaises font tout leur possible pour permettre les relèves d’équipage : négociation avec les ambassades, organisation de vols charters, établissement de plateformes de relève, systématisation des tests PCR ».

Priorité vaccins

Armateurs de France avait par ailleurs adressé fin janvier à la ministre de la Mer Annick Girardin un courrier demandant à ce que la vaccination des marins soit prioritaire. « Les marins sont des maillons essentiels aux chaînes d’approvisionnement. Ils restent mobilisés même en temps de crise dans des conditions de travail particulièrement difficiles pour acheminer 90 % des marchandises (...) », doit encore justifier l’organisation après près d’une année sans améliorations significatives alors que le commun des mortels l’ignore sans doute et que les États privilégient la ceinture Vauban sanitaire.

L’association réitère son appel auprès du gouvernement pour que la France « soit exemplaire » en la matière voire « ouvre la voie aux pays du monde entier car la solution pour lever tous les obstacles aujourd’hui rencontrés par les marins ne peut être qu’internationale ». 

Pour rappel, la Déclaration de Neptune entend agir au travers de quatre actions principales : reconnaître les marins comme des travailleurs clés et leur donner un accès prioritaire aux vaccins, établir des protocoles sanitaires de référence basés sur les meilleures pratiques existantes, faire en sorte que les exploitants de navires et les affréteurs communiquent davantage pour prévenir l’exacerbation des difficultés et assurer la connectivité aérienne entre les principaux hubs de relève. 

A.D.