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Hydrogène de France et ABB ont signé un protocole d’accord pour fabriquer des piles à combustible de forte puissance capables d'alimenter des navires. Nouveau cap pour la société bordelaise Hydrogène de France, identifiée comme une des spécialistes des technologies hydrogène.

Il y a quelques mois, alors que l’on ne parlait pas encore du covid-19 comme une crise sanitaire et économique mondiale, Jean-Noël Charentenay, directeur de la stratégie chez Hydrogène de France (HDF) ne cachait pas auprès du JMM son intérêt pour les applications maritimes, mais semblait lorgner davantage du côté de l’électrification à quais que de l’alimentation des navires, ces derniers exigeant de grandes puissances. L’idée alors à l’étude était plutôt celle d’une énergie complémentaire. Quant à l’électrification à quais, il restait à régler quelques problématiques de récupération, d’acheminement et de transformation de l’hydrogène.

L’entreprise prévoit de produire à Bordeaux en série des piles à combustibles de forte puissance, de plus de 1 MW. Sachant qu’à l’heure actuelle, elles sont toutes fabriquées à l’unité et coûtent très chères. Elle a signé dans ce cadre en décembre dernier un accord de transfert de technologie avec la société canadienne Ballard Power Systems, qui fournira les piles. La mise en service de cette future unité de fabrication de piles à combustible, qui exploitera la technologie PEM (Proton exchange Membrane), est prévue pour 2021. La sélection du site d’une superficie de 4 000 m2 devait intervenir au second semestre 2020 selon les plans de l’entreprise avant la crise sanitaire. Une localisation en zone industrialo-portuaire faisait partie des « possibles » sachant que l’activité génère un trafic à l’import de cœurs de piles et à l’export de PAC, soit une cinquantaine de conteneurs par an.

Puissance de 3 MW

Avec ce protocole d’accord avec l’entreprise helvético-suédoise ABB, basée à Zurich, elle aussi partie prenante active dans les technologies de l’énergie, HDF franchit une nouvelle étape. Les deux sociétés ont ainsi signé pour la fabrication de piles à hydrogène destinés à alimenter des grands navires de forte puissance (soit plus d'1 MW). Elles visent notamment les 3 MW. 

« Parmi les technologies alternatives sans émissions, ABB est déjà bien avancée dans le développement de systèmes pour les navires. Aujourd'hui déjà, cette technologie est capable d'alimenter des navires naviguant sur de courtes distances, ainsi que de répondre aux besoins en énergie auxiliaire de navires plus grands », indique le communiqué conjoint. Quelques expérimentations sont en effet connues, notamment avec un ferry en mer baltique et un pousseur sur le Rhône mais avec des puissances n’excédant pas 400 KW.

Jusqu’à présent, la technologie développée par HDF a été éprouvée pour quelques applications, notamment dans les centrales électriques. En 2019, en Martinique, elle a réussi l’installation d’une pile à combustible de forte puissance valorisant en électricité l’hydrogène produit par une raffinerie. Elle est aussi à l’oeuvre en Guyane où elle développe la plus grande centrale au monde stockant l’énergie via l’hydrogène pour alimenter en électricité l’équivalent de 10 000 foyers.

A.D.