Pour la première fois, l'Australie a dépassé le Qatar parmi les premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Toutefois, le Qatar devrait vite retrouver sa place en raison de divers investissements. L'AIE prévoit que le Qatar, les États-Unis et l'Australie approvisionneront près des deux tiers du marché mondial du GNL d'ici 2023.

L'Australie capitalise sur ses investissements dans la production de GNL. Les terminaux de liquéfaction qu'elle a accueillis ces dernières années lui permettent de doper ses volumes d'exportation, qui ont dépassé en novembre, pour la première fois, la production mensuelle du Qatar, avec 6,8 Mt expédiées contre 6,2 Mt pour la monarchie du Golfe.

Selon WoodMac, cette dernière aurait pâti des travaux d'entretien de son fleuron QatarGas qui l'ont privé de quelques tonnages. Le pays devrait toutefois recouvrer la première place en décembre. Toutefois, l'Australie mettra également en service d'ici la fin de l'année son projet d'unité flottante de production (Prelude floating LNG) qui étoffera encore sa production de 3,6 Mt par an. Á moyen terme, le Qatar envisage quatre autres unités de liquéfaction d'une capacité de 33 Mtpa d'ici 2023-2024, dont il espère tirer 40 Md$ supplémentaires de recettes d'exportation. 

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Australie devrait passer à la 3e place au cours des cinq prochaines années à mesure que les États-Unis augmenteront leur volume de production. L'AIE prévoit que le Qatar, les États-Unis et l'Australie approvisionneront près des deux tiers du marché mondial du GNL d'ici 2023, et les fournisseurs américains devraient capter la plus grande partie de la croissance du marché, soit quelque 80 t/an supplémentaires sur une période de cinq ans. 

La croissance du marché mondial du GNL est stimulée en partie par la demande de la Chine, devenue le premier importateur mondial de gaz naturel en mai. Et un peu plus de la moitié de son volume d'importation de gaz est constituée de GNL. Elle a ainsi importé environ 38 t/an de GNL l'an dernier, contre seulement 10 t/an en 2010. Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine a entrepris de passer du charbon au gaz, une mesure qui permettra de réduire considérablement les émissions de particules et de SOx. Pékin espère alimenter 15 % de l'économie chinoise en gaz naturel d'ici 2030, selon sa Commission nationale pour le développement et la réforme.

--- La rédaction ---