Le premier trimestre fut difficile. Le second devrait être du même cru. L'opérateur portuaire de Dubaï ne prévoit pas d'amélioration avant le second semestre. Les terminaux des Émirats arabes unis sont à nouveau responsables de la dégradation enregistrée.

L'opérateur portuaire de Dubaï continue d’enregistrer les déboires dans les terminaux « à la maison », aux Émirats arabes unis. Les derniers trimestres de 2018 avaient déjà été décevants de ce point de vue. De mauvais résultats que le n°3 mondial avait justifié par un environnement économique difficile et de faibles marges.

Sur les trois premiers mois de 2019, l’Émirati continuer d'assister à la chute de ses volumes, de 8,8 % en glissement annuel, à 3,5 MEVP. À nouveau, les Émirats arabes unis sont pour beaucoup dans la dégradation enregistrée et impacte son portefeuille mondial de terminaux à conteneurs (49 installations, une dizaine de projets, dans une quarantaine de pays).

Sur la méforme de son hub émirati de Dubai-Jebel Ali, Sultan Ahmed Bin Sulayem, PDG de DP World reprend quasiment dans les mêmes termes les arguments utilisés en fin d'année pour justifer les mauvais résultats en fin d'année dernière : « la faiblesse des volumes est principalement liée à la perte de volumes à faible marge en raison d’un repositionnement sur du fret à valeur ajoutée ». Le dirigeant ne voit pas d'amélioration sensible avant le second semestre de l'année, compte tenu « de la prudence générale sur certains marchés en lien avec les incertitudes macroéconomiques ».

Effet de base

Dans l'ensemble de ses terminaux, l’entreprise a traité 17,5 MEVP durant les trois premiers mois de l'année, en légère baisse de 0,6 % par rapport à la même période de l'an passée. Au sein de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), Émirats arabes unis compris, le volume de conteneurs manutentionnés s'élève à 7,1 MEVP, soit une baisse de 4,1 % par raport au 1er trimestre 2018. Les régions Amériques et Australie sont également en repli de 3,7 %, à 2,08 MEVP. L’Asie-Pacifique et le sous-continent indien restent en croissance avec 8,31 MEVP, soit une augmentation de 3,5 % par rapport à l'année précédente. Pour rappel, en 2018, DP World a totalisé 71,4 millions de conteneurs (+ 2 % sur un an) pour une capacité totale de 91 millions de conteneurs standard.

Sultan Bin Sulayem reste fixé sur l'alpha et l'oméga de son actuelle stratégie : maîtrise des coûts et discipline des investissements, indique-t-il, cité dans un communiqué. DP World a publié en mars dernier ses résultats annuels, faisant état d'un bénéfice net en hausse de 5,1 % en 2018, à 1,27 Md$, notamment tiré par de nouvelles acquisitions, pour lesquelles il a d'ailleurs déboursé 2,5 Md$. Ces achats comprennent Berbera au Somaliland, Continental Warehousing en Inde, Cosmos Agencia Maritima au Pérou et Unifeeder Group au Denmark, en plus d'activités logistiques pan-européennes, P&O Ferries. DP World avait pubié à cette occasion un chiffre d'affaires de 5,65 Md$ (+ 20 %). 


A.D.