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Les deux derniers trimestres ont surpris l’opérateur portuaire émirati du fait d’une croissance supérieure aux attentes. Ils ne lui ont cependant pas permis de franchir le cap de 2020 avec une confortable avance mais lui offrent une stabilité dans un marché en baisse, selon ses propres données. 

Le quatrième trimestre, plutôt performant (19,1 MEVP, + 7,6 % par rapport à 2019), n’aura pas permis à l’opérateur portuaire émirati de franchir la ligne d’arrivée de 2020 avec une franche avancée. DP World termine l’exercice sur un volume de 71,2 MEVP traités dans les 49 terminaux où l’entreprise de Dubaï opère, « soit un volume stable d'une année sur l'autre et en hausse de 0,2 % à périmètre constant », indique-t-elle. Une déception toutefois au regard de la croissance, supérieure aux attentes, également enregistrée (+ 3 %) au cours du troisième trimestre avec 18,3 MEVP traités. 

Le dernier trimestre doit son morceau de bravoure à quelques installations. Le 3 ou 4e manutentionnaire mondial selon les sources, présent en France via des participations dans les terminaux au Havre et à Fos, a enregistré de bons résultats à Mundra en Inde, London Gateway (Royaume-Uni), Rotterdam (Pays-Bas), Antwerp Gateway (Belgique) et Sokhna (Égypte). En Amérique, la croissance a été tirée par Santos (Brésil) et Vancouver (Canada).

Jebel Ali a enfin décollé

Jebel Ali, où DP World joue à domicile, a manutentionné 3,4 MEVP, soit une hausse de 0,3 % par rapport à l'année précédente après avoir dévissé de 4,2 % à l’issue du troisième trimestre. Après des aléas à l’amorçage, son nouveau terminal (le T4) a enfin décollé. Il a connu à partir de août une augmentation du nombre d’escales de grands porte-conteneurs : notamment les unités de 18 000 EVP de CMA CGM exploitées par Ocean Alliance sur le service NEU5 et celles de 21 000 EVP de Cosco opérées sur la ligne MEA5. 

La croissance de 33,3 % en données brutes pour l'exercice 2020 dans la région Amériques et Australie est principalement due à la consolidation de Caucedo (République dominicaine) et à l'acquisition de Fraser Surrey Docks (Canada). 

DP World retenu pour la gestion du terminal polyvalent de Luanda

Ancrage en Afrique 

Si la croissance est nulle, le manutentionnaire fait mieux que son marché, en baisse estimée à 2,1 %, indique Sultan Ahmed Bin Sulayem, le PDG du groupe. « La croissance des volumes a été encourageante dans toutes nos régions, l'Inde étant un moteur essentiel, tandis que notre port phare de Jebel Ali a vu les volumes se stabiliser. Nous continuons d'investir de manière sélective dans des projets qui offrent une valeur incontestable comme Dakar [Sénégal] et Luanda », ajoute-t-il. 

L’émirati vient d’être sélectionné pour finaliser les discussions en vue de l’exploitation du terminal polyvalent du port angolais, une infrastructure dédiée aux marchandises diverses et aux conteneurs avec un linéaire de quai de 610 m et une capacité de 2,6 Mt par an. Il s’est engagé à investir 190 M$, sur les 20 ans de la concession, dans la réhabilitation des infrastructures existantes et l'acquisition de nouveaux équipements. Une fois l'accord signé, Luanda deviendra le premier terminal portuaire situé sur la côte australe de l'Afrique à être exploité et géré par DP World, qui étend un peu plus son empreinte en Afrique. 

Mieux que le marché ?

Tout comme à l’issue du 3e trimestre, le dirigeant reste extrêmement prudent. « Si l'année 2021 a commencé de manière encourageante, les perspectives restent incertaines compte tenu des problèmes persistants liés à la pandémie, de l'incertitude géopolitique dans certaines régions du monde et de la guerre commerciale en cours. » 

Sur un plan financier, l’entreprise projette aussi une certaine stabilité et cela fait plusieurs trimestres qu’elle se dit concentrée sur la maîtrise de ses coûts pour « préserver sa compétitivité », sur la gestion orthodoxe de ses investissements pour ne pas obérer « ses liquidités ». Quant à ses objectifs et ambitions, elle préfère miser sur 2022. 

Adeline Descamps