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Les premiers effets de la pandémie sont d’ores et déjà perceptibles dans les trafics. Les ports se posent en renfort des opérateurs mais gèlent leurs projets. Une réduction des droits portuaires est à l’ordre du jour.

Depuis que l’Espagne a été touchée par la pandémie, les ports espagnols ont maintenu leurs installations ouvertes et poursuivi leur activité fret, tout en adoptant les mesures de sécurité nécessaires pour protéger le personnel. En revanche, en Espagne comme ailleurs, l’activité passagers et croisières est suspendue. Les lignes maritimes ont été toutefois maintenues entre la péninsule et les archipels au nom de la continuité territoriale. Ainsi, le groupe Boluda a assuré, le 25 mars dernier, que la fourniture de produits de première nécessité aux Canaries sera maintenue grâce à la poursuite des services entre la péninsule et les ports de l’archipel (Gran Canaria, Tenerife, Fuerteventura, Lanzarote et La Palma). « Nous sommes en condition pour garantir l’approvisionnement » a affirmé, de son côté, le président de Balearia, Adolfo Utor, à propos des lignes vers les Baléares, Ceuta (Afrique du nord) et Les Canaries.

- 27 % à Algésiras, Barcelone, Bilbao et Valence

Dans la péninsule, la paralysie de l’activité industrielle a un impact sur des secteurs comme la sidérurgie ou l’automobile avec un effet de ricochet sur l’activité portuaire, et ce dans un contexte peu favorable. Les chiffres du port de Barcelone indiquent une baisse du trafic total de 15 % en février 2020 (par rapport à février 2019), avant même la déferlante du Covid-19. À Valence, l’autorité portuaire constate en mars une hausse du trafic de produits d’alimentaires et d’hygiène (+ 15 % par rapport à mars 2019) et un recul pour les produits industriels (- 20 %). Le 26 mars, le ministère des Transports a fait état d’une baisse globale d’activité de 27 % dans les quatre principaux ports du pays (Algésiras, Barcelone, Bilbao et Valence) depuis l’apparition du Covid-19.

Avancer les paiements et retarder les encaissements

Les autorités portuaires espagnoles n’ont pas tardé à réagir pour faciliter la situation des opérations en avançant les paiements et en retardant les encaissements. Les grands ports sont bien gérés et ont une trésorerie confortable qui leur donne une marge de manœuvre. Celui de Bilbao règle désormais les factures dès leur réception et approbation sans attendre le délai légal de 30 jours. Le 27 mars, l’AP de Valence a annoncé la suspension de l’encaissement des droits portuaires à compter du 14 mars et jusqu’à la fin de l’état d’urgence.

Dans ce contexte difficile, il n’est pas surprenant que le sujet lancinant du niveau des droits portuaires soit revenu sur la table. Les ports de Barcelone et de Bilbao l’ont demandée. Selon les informations disponibles, celle-ci devrait être autorisée prochainement par le gouvernement grâce à un décret en cours de préparation. La crise a une autre conséquence négative : la paralysie des projets. À Valence, l’adjudication du 4terminal à conteurs, pour lequel MSC a déposé une offre, est reportée sine die. Mais les autres ports ont décidé de geler temporairement le lancement des appels d’offres prévus dans les plans d’investissements. L’année 2020 risque bien d’être une année perdue pour les projets destinés à améliorer la compétitivité. 

Daniel Solano