©Laurent Villeret

Le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine est en pleine construction. Une nouvelle étape est franchie avec la mise en place de son conseil de surveillance et la confirmation à sa tête de Daniel Havis, issu du monde des mutuelles.

Depuis le 1er juin, les ports du Havre, Rouen et Paris ont uni leurs destinées en constituant le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, se revendiquant le cinquième ensemble portuaire nord-européen. Le nouvel établissement prend tournure avec la première réunion ce 9 juillet de son conseil de surveillance, l'une des trois instances de gouvernance d'Haropa Port, celle qui arrête les orientations stratégiques de l’établissement. À ce titre, elle valide le projet stratégique, le budget, les comptes, les cessions, les prises de participation financière, les transactions et les opérations d’investissements stratégiques. 

Le conseil a élu son président en la personne de Daniel Havis, issu du monde des mutuelles et plus précisément de la Matmut dont il a été PDG et dont il est aujourd'hui président d'honneur. Très attaché à ce monde dans lequel il a passé une quarantaine d'années, il est aussi vice-président de la Fédération nationale de la mutualité française, président du conseil de surveillance d'IMA (Inter Mutuelle Assistance) et président de MFPass.

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1,45 Md€ pour le projet stratégique

La vice-présidence d'Haropa Port est revenue à Emmanuèle Perron, par ailleurs vice-présidente de la Fédération nationale des travaux publics. Elle est aussi membre du conseil de surveillance de différents groupes tels que Crédit Mutuel Equity, NGE - BTP (dont elle assure la vice-présidence) et TSO (dont elle est présidente).

Lors de cette première réunion, le conseil de surveillance s'est notamment penché sur le futur projet stratégique qui courra jusqu'en 2025 et pourra s’appuyer sur une enveloppe de 1,45 Md€ sur la période 2020-2027 (800 M€ provenant du Havre, 370 M€ de Paris et 270 M€ de Rouen.

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Gouvernance à plusieurs étages

Composé de 17 membres, représentants de l'État, des collectivités territoriales, des salariés et personnalités qualifiées, le conseil de surveillance est organisé en conseils. L'un dit « d'orientation de l'axe Seine » comprend 30 membres (représentants de l’État et des collectivités territoriales, personnalités qualifiées, gestionnaires d’infrastructures de transport fluvial et terrestre, de milieux associatifs et représentants du personnel) et « veille à la cohérence des actions sur l'ensemble du secteur fluvial et permet d'éclairer les décisions stratégiques ».

Les autres sont des conseils de développement territoriaux, un pour chacune des trois places portuaires, représentant les intérêts de chacune d'elles et garantissant les bonnes relations entre Haropa Port et les collectivités et territoires dont ils émanent. Composé au maximum de 30 membres, ils se structurent autour de quatre collèges : entreprises de la place portuaire, représentants des personnels, collectivités, milieu professionnel et associatif. Ils donnent notamment leur avis sur le projet stratégique, les projets d’investissement et la politique tarifaire.

« Dans la nouvelle gouvernance, les conseils de développement territoriaux sont les lieux où les acteurs privés pourront émettre des propositions qui seront remontées au conseil de surveillance », assurait dans un entretien au JMM le directeur général de Haropa Port. Il y évoquait aussi ses ambitions pour le nouvel établissement, assurant qu'il « [n'avait] pas très envie de [se] laisser tondre la laine sur le dos par les ports du nord ». Il précisait : « À court terme, je veux faire en sorte de sourcer de façon décarbonée la région parisienne et de drainer de nouvelles implantations industrielles. Si nous y parvenons, nous aurons fait un grand pas vers un nouveau modèle. » 

En attendant la nomination effective de Stéphane Raison

Le conseil a également approuvé la composition du futur directoire de Haropa Port qui sera définitive dès la parution du décret ministériel approuvant la nomination de Stéphane Raison à sa présidence. Placé sous le contrôle du conseil de surveillance, le directoire assure la direction de l’établissement et est responsable de sa gestion. Il est notamment chargé d’élaborer et de mettre en oeuvre, après approbation du conseil de surveillance, le projet stratégique de l’établissement.

Le directoire compte six membres : Baptiste Maurand, de la direction territoriale du Havre, Pascal Gabet, de celle de Rouen, Antoine Berbain, de celle de Paris, Kris Danaradjou, directeur général adjoint en charge du développement, et Christophe Berthelin, directeur général adjoint chargé des finances.

M.G.S

 

Composition du conseil de surveillance

Représentants de l’État

Pierre André-Durand, préfet de la Région Normandie, préfet de la Seine-Maritime

Emmanuel Bossière (directeur de participations adjoint Transports au sein de l’Agence des participations de l’État), représentant du ministre chargé de l’Économie

Laurent Pichard, représentant du ministre délégué chargé du Budget

Virginie Schwartz (PDG de Météo France), représentante du ministre de la Mer

Thierry Guimbaud (directeur général de Voies navigables de France), représentant du ministre chargé des Transports.

Représentants des collectivités territoriales : un représentant (non encore identifié à l’exception de Rouen Normandie) de la métropole du Grand Paris, de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, de la région Normandie, la région Ile-de-France et de la métropole Rouen Normandie (Nicolas Mayer-Rossignol)

Représentants des salariés

Denis Lelay, CFE-CGC ; Baptiste Tabouillot, CGT Ports et Docks et Marie-Laure Moulin, CGT Ports et Docks.

Personnalités qualifiées

Emmanuèle Perron, Béatrice Buffon (directrice exécutive du groupe EDF, en charge de la direction internationale), Maud Thuaudet (stratégie du groupe Saint-Gobain) et Daniel Havis.

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