D'après les données de Drewry et de Bloomberg, Hong Kong aurait dévissé en 2018. Parmi les 5 premiers ports à conteneurs mondiaux, après avoir été longtemps le leader mondial jusqu'aux années 2000, le port de l'ancienne colonie britannique a progressivement perdu de sa superbe au profit de ses homologues régionaux qui ne partagent pas ses contraintes. 

Le consultant Drewry et l’analyste Bloomberg semblent converger pour déclasser le port de l'ancienne colonie britannique de sa 5e place mondiale, et l'épingler au 7e rang des ports mondiaux à conteneurs, derrière Shanghai, Singapour, Ningbo, Shenzhen, Guangzhou et Busan mais toujours devant Qingdao et Tianjin.

Dans les années 1990, et jusqu’au début des années 2000, le hub de transbordement de l’Asie de l'Est dominait le palmarès pour le volume des conteneurs traités. La compétitivité, la productivité et les investissements conséquents concédés par les ports voisins du delta de la Rivière des Perles ont quelque peu contrarié le destin de ce port pourtant aux mains d’opérateurs privés, et n’ont eu de cesse, depuis les années 2000, de lui grignoter des parts de marché. Se trouvant en concurrence frontale avec Shenzhen et Guangzhou, Hong Kong aurait en outre souffert en 2018 de la guerre commerciale avec les États-Unis, impactant négativement le commerce transpacifique.

L’année s’est donc soldée pour Hong Kong à 19,64 MEVP quand le leader mondial depuis quelques années, Shanghai, affiche insolemment 42,01 MEVP et le n°2 Singapour, est à 36,60 MEVP. D’année en année, les choses bougent parmi les premières têtes de pont mondiales dans le conteneur, un cénacle fermé et de plus en plus réservé aux ports de Chine continentale qui s’échangent les positions. Ainsi, en 2018, si les données provisoires se consolident, Ningbo se hisserait au 3e rang, supplantant Shenzen tandis que Guanzhou bouscule Hong Kong en lui ravissant la 5e place.

En réponse à cette pression, les opérateurs de terminaux de Hong Kong (HIT, Modern terminals, Cosco-HIT terminals et Asia Container Terminals) ont récemment formé un consortium pour mieux gérer leurs installations, limitées dans leur extension faute de disponibilité. Mais la Hong Kong seaport alliance (HKSA), ainsi nommée, pourrait ne pas aller très loin puisque les autorités locales de la concurrence ont déclencher un examen pour ce qui s'apparenterait à un abus de position dominante. En contrôlant 23 des 24 postes à quai répartis sur 8 terminaux, les quatre opérateurs contrôleraient entre 80 et 90 % des activités de manutention des conteneurs du port.

A.D.