La Méridionale expérimente pendant 15 jours à Ajaccio un dispositif de connexion électrique de ses navires à quai qui fonctionne au gaz naturel liquéfié (GNL) pour pallier l'absence de branchement des ports corses, une solution non dénuée de difficultés.

Dans les ports d'Ajaccio, de Bastia et de Propriano où font escale les navires de La Méridionale, le branchement au réseau électrique "n'est pas possible pour des raisons techniques", explique la compagnie de transport maritime. Et ce, contrairement au port de Marseille où ses navires et ceux de la Corsica Linea sont connectés électriquement lors des escales, une mesure qui évite la consommation de milliers de tonnes de gazole et la pollution qu'elle engendre.

La compagnie basée à Marseille s'est ainsi associée avec l'entreprise Air Flow pour "imaginer une solution innovante" pour les ports corses à partir de gaz naturel liquide, "une technologie à la fois flexible, écologique et économique", assure Emilien Doye, responsable projet chez Air Flow. "Le GLN est transporté et stocké dans des conteneurs réfrigérés à -161 degrés afin qu'il conserve sa forme liquide. Avant d'être utilisé, le gaz est porté à température ambiante au moyen d'un réchauffeur atmosphérique puis envoyé dans le groupe électrogène qui le brûle afin de produire de l'électricité".

Ni envisageable, ni tenable

Si cette technologie est prometteuse, elle présente dans le cas de la Corse plusieurs difficultés. Ce dispositif "ne peut pas être déployé sans un investissement des autorités locales afin d'installer les différents équipements sur le quai", a reconnu Benoît Dehaye, le directeur général de La Méridionale. Il espère pouvoir chiffrer ce coût d'ici la fin de l'année mais l'estime "entre un et deux millions d'euros".

Il appelle aussi à une évolution de la réglementation internationale relative au transport du GNL. Actuellement, cette réglementation limiterait à "50 au lieu de 650" le nombre de passagers pouvant être transportés en même temps que les conteneurs de GNL sur les navires de la compagnie, qui doivent apporter le GNL du continent. "C'est une situation qui n'est pas envisageable parce qu'économiquement ce n'est pas tenable", précise-t-il.

Reste la solution "envisageable mais incohérente en termes d'environnement", qui est de faire transporter les conteneurs jusqu'à l'Ile Rousse, par un navire chargé du transport des marchandises réglementées, ce qui "veut dire qu'il y aura un flux de camions supplémentaires pour acheminer ces conteneurs jusqu'à Ajaccio".

Il précise que plusieurs ports, notamment Toulon, Nice et Monaco, ont fait part de leur intérêt pour cette option.

--- La rédaction ---

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