Domicilié à Goxhill dans le Nord de l’Angleterre, Justin Atkin affiche plus de 20 ans d’expérience dans les domaines du transport, des expéditions et de la logistique.

 

Parce que le futur est incertain et pour préserver leur pré-carré de qualité au Royaume-Uni, les autorités portuaires viennent de nommer un "M.Brexit" qui sera nos "yeux et nos oreilles quant à l’évolution de la situation économique et de l’impact du Brexit sur l’activité anversoise", font-elles valoir.

 

Á l’intérieur, c’est la fronde. Á l’extérieur, cela s’organise. Alors que Theresa May essuie des attaques de plus en plus virulentes de l’aile la plus conservatrice de son parti à l’égard de son plan de sortie de l’Union européenne - la tribune de l’ancien ministre démissionnaire Boris Johnson dans le Mail on Sunday ce 9 septembre a réactivé les animosités - l’autorité portuaire d’Anvers annonce la nomination d’un représentant dédié pour le Royaume-Uni et l’Irlande. « Afin de se préparer pleinement au Brexit », explique Jacques Vandermeiren, CEO et président du comité de direction de l’administration portuaire d’Anvers, qui ne cache pas ses inquiétudes du fait du caractère incertain de « l’impact effectif du Brexit ».

« L’année dernière, les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni ont reculé de près de 8 %, probablement en raison de cette incertitude. Alors que le Brexit approche à grands pas, nous voulons nous concentrer sur le maintien, voire l’expansion de notre position commerciale avec nos partenaires d’outre-Manche », indique-t-il.

Domicilié à Goxhill, près de Hull (Nord de l’Angleterre), Justin Atkin, en fonction depuis le 1er septembre 2018, « affiche plus de 20 ans d’expérience dans les domaines du transport, des expéditions et de la logistique » selon la présentation de la direction du port scaldien. Ces deux dernières années, le professionnel dirigeait Ragged Edge Consulting, une société de conseil aux entreprises opérant dans les ports, le transport et la logistique.

« Le Brexit constitue un défi de taille pour le monde des affaires, et tout particulièrement pour les ports qui desservent le Royaume-Uni », reconnait l'intéressé. « Fort heureusement, les connexions et les liens noués avec le port d’Anvers sont très solides ».

 

Ordre de mission clair

Son ordre de mission est clair : « Justin Atkin sera nos yeux et nos oreilles face à l’évolution de la situation économique et de l’impact du Brexit sur l’activité anversoise. Nous comptons également sur lui pour renforcer Anvers auprès du Royaume-Uni et de l’Irlande, ainsi que pour attirer de nouvelles sources de fret et d’investissements », développe Wim Dillen, directeur du développement régional du port scaldien.

« L’affaire » n’est en effet pas anodine pour Anvers. Troisième partenaire commercial maritime du port d’Anvers après les États-Unis et la Russie, le Royaume-Uni représenterait un volume de fret annuel d’environ 15 Mt, en étant un point d’accès non négligeable pour desservir le continent européen sachant que 50 % de la production britannique est destinée précisément aux pays d’Europe continentale.

La nomination d’un représentant dédié n’est pas la seule initiative, explique Anvers. Les autorités portuaires ont initié « un groupe de travail dédié avec des représentants de la communauté portuaire, des Douanes et Accises et de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) ». Des déplacements sont prévus dans les jours prochains pour y tenir des journées portuaires, notamment à Birmingham et à Londres. « À ces occasions, les transitaires locaux pourront s’informer sur les services actuellement disponibles et les connexions offertes par le port d’Anvers, ainsi que rencontrer en personne les prestataires de services logistiques anversois ».

 

--- Adeline Descamps ---

 

 

Le retour de la fronde 

Sur l’île la plus virale de l’espace européen, pas moins de 80 députés des 315 députés conservateurs seraient prêts à voter contre son plan de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, selon Steve Baker, ex-secrétaire d'Etat chargé du Brexit. Une réplique à la tribune de Boris Johnson dans le Mail on Sunday, ministre démissionnaire après la signature de l’accord de Chequers (résidence d’été de la « première dame britannique » d’où avait émergé une sorte de consensus au sein du parti conservateur pour sortir de l’UE).  L'ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, qui ne détesterait pas la place de Thérésa May, a comparé son plan de sortie d’une « ceinture d'explosifs » autour du Royaume-Uni avec le détonateur à Michel Barnier (négociateur en chef de l'UE).

Le ministre démissionnaire estime qu’à chaque étape des discussions, Bruxelles obtient ce qu’il veut. « Nous avons accepté le calendrier de l'UE. Nous avons accepté de remettre 39 milliards de livres (43,8 Md€, sic !), sans rien obtenir en retour ».

En outre, Boris Johnson a dénoncé comme une « folie » le « backstop », ce filet de sécurité qui maintiendrait la province britannique d'Irlande du Nord au sein de l'union douanière et du marché unique européens, pour empêcher le rétablissement de contrôles frontaliers avec l'Irlande, membre de l'UE, une fois le RU sorti.

Le secrétaire d'État (également conservateur) aux Affaires étrangères, Alan Duncan, s'est quant à lui fendu d'un tweet pour fustiger « un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique ».