Sénalia a augmenté de près de 50 % ses exportations maritimes de céréales en 2018, et vise 4 Mt à l’export pour la campagne qui se clôturera en juin 2019. 2018 a aussi vu un changement majeur​ pour l'un des grands « faiseurs du marché ».

Depuis ses silos situés au port de Rouen, Sénalia a exporté 2,7 Mt au cours de la campagne 2017-2018. Les exportations de blé meunier ont triplé par rapport à la campagne précédente, pour atteindre 1,7 Mt. Les exportations d’orge de brasserie, pour 977 kt, sont aussi à la hausse. Le groupe Sénalia revendique d’avoir réalisé 22 % des exportations de céréales françaises pour la campagne 2017-18. L’Algérie, premier pays importateur des céréales françaises, est aussi le principal client du groupe, devant l’Union européenne, le Maroc, l’Arabie saoudite et la Tunisie. L’ensemble de ces pays concentrent 80 % des volumes exportés depuis les silos rouennais de Sénalia. Pour la campagne en cours, Sénalia a déjà chargé sur navire à fin décembre 1,8 Mt, et prévoit des exportations totales atteignant 4 Mt au cours de cette campagne, close en juin 2019.

L’accent mis, en entrée de ses silos rouennais, sur les modes massifiés, a porté leur part modale à 41 %, soit 1,2 Mt pour la campagne 2017-2018. La mise en place de navettes ferroviaires et fluviales il y a cinq ans n’est pas étrangère au développement des modes massifiés. Pour le ferroviaire, les cinq coopératives participantes ont ainsi apporté 140 000 t en 2018, et devraient atteindre 170 000 t en 2019. Côté fluvial, ce sont dix organismes stockeurs implantés à proximité de la Seine, de l’Oise et de l’Aisne qui utilisent le système de navette mis en place par Sénalia, apportant 220 000 t en 2018. Un chiffre qui a été multiplié par quatre en quatre ans, et devrait encore doubler pour dépasser 400 000 t en 2019. Le recours à ces navettes, dont les prix sont contractualisés sur le long terme, permet en effet de faire face aux aléas des modes de transports massifiés, comme les crues qui ont frappé la Seine début 2018.

11,5 M€ dans la modernisation de ses installations 

Toujours dans le but de développer ses transports ferroviaires et fluviaux, le groupe Sénalia a procédé en octobre 2018 à la reprise de la participation d’Invivo dans le commissionnaire de transport Magestiv, qu’il détient désormais à parité avec la coopérative Scael. L’objectif affiché par Sénalia est de doubler l’activité de sa nouvelle filiale Magestiv, qui détient 450 wagons et transporte déjà 1 Mt par an de céréales en ferroviaire et en fluvial. Le rapprochement avec Scael concerne aussi les silos portuaire que détient, via Lecureur SA, cette coopérative au Val-de-la Haye (port de Rouen) et à Bonnières-sur-Seine (entre Rouen et Paris) : ces deux silos seront désormais exploités par Sénalia, qui porte ainsi à 630 000 t sa capacité de stockage.

2018 a aussi vu un changement majeur apporté aux silos Sénalia de Grand-Couronnes, avec l’arrivée en décembre de trois nouveaux portiques, permettant de charger les navires à une cadence atteignant jusqu’à 3 000 t/h. Ces trois portiques peuvent en effet être utilisés simultanément et se déplacer le long du quai, le navire restant immobile, ce qui diminue de 30 % le temps de chargement. Au total, Sénalia a investi 11,5 M€ pour la modernisation de ses installations de chargement, tandis que le Grand Port maritime de Rouen a amélioré l’infrastructure, avec notamment l’approfondissement de la souille, pour un coût de 9 M€. Sénalia peut désormais charger des navires jusqu’à 60 000 t, et présente son site de Rouen comme « le plus moderne et le plus performant en Europe. »

--- Étienne Berrier ---