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Le ras-de-marée aura-t-il lieu ? Selon la plateforme project44, 1,9 MEVP devraient affluer dans les grands ports en raison des retards consécutifs à la congestion du canal de Suez. À Rotterdam, 15 navires représentant 196 600 EVP sont attendus dans les prochains jours. À Valence, une dizaine de porte-conteneurs, avec 32 313 EVP à bord, ont déjà été traités.

Selon la plateforme basée sur le cloud et qui connecte les différentes parties prenantes de tous les modes de transport pour offrir une visibilité en temps réel sur les opérations de transport, l’engorgement du Canal de suez, consécutif à l’échouement de l’Ever Given, devrait se solder par une arrivée massive et imminente de conteneurs dans les ports. Près de 400 navires s’étaient amassés de part et d’autre de l’infrastructure égyptienne. 

D’après les estimations de l’entreprise, les retards cumulés des cargos atteignent 1 017 jours et plus de 1,9 MEVP de capacité ont été impactés par l'incident. « Vers des grands ports comme Singapour, plus de 370 000 EVP sont en route alors que 83 navires représentant 299 310 EVP étaient déjà ancrés et en attente de déchargement au 12 avril », indique-t-elle. 

19 600 EVP à Rotterdam

À Rotterdam, leader portuaire européen, une quinzaine de navires représentant 196 600 EVP sont en phase d’approche et viendront se greffer aux 85 navires en attente. Le port de Valence indique pour sa part dans un communiqué avoir géré 32 313 conteneurs d'exportation (chargement) et d'importation (déchargement) à bord de dix navires affectés par les suite du blocage de Suez. Le premier de ces navires, le MSC Le Havre, a accosté au terminal CSP le 6 avril et le dernier d'entre eux est arrivé en fin de semaine dernière, le Jebel Ali, de Hapag-Lloyd.

Le président de l'Autorité portuaire de Valence (PAV), Aurelio Martínez, n’a pas manqué l’opportunité d’en faire une illustration « supplémentaire de la réactivité et souplesse » du port espagnol dont « la communauté portuaire a assumé cette charge supplémentaire avec efficacité et professionnalisme qui font de Valence un point de référence en Méditerranée ». Une facilité oratoire toujours bienvenue pour ce port soumis à rude concurrence par son voisin de Gibraltar, Tanger Med. En mars, Valence a vu son trafic augmenter de 13 % avec une hausse de 9,22 % des mouvements de conteneurs, alignant désormais huit mois consécutifs dans le vert.

Des retards de plus d’une semaine

Pour Projet44 qui a acquis récemment la société Ocean Insights connue notamment pour ses données sur les retards de navires, bien d’autres ports sont concernés, mentionnant Port Kelang en Malaisie où 103 900 EVP sont attendus, New York avec 76 500 EVP ou encore Jebel Ali avec 75 879 EVP. « Selon le suivi des retards portuaires, l'afflux de navires va également exacerber les retards portuaires mesurés en jours. Les retards sur les principales routes commerciales telles que Shanghai -Rotterdam sont déjà proches des sept jours, ce qui représente une augmentation inquiétante par rapport à 2020 où ils n’étaient que de 2,79 jours ».

Parmi les autres routes où les retards sont en passe de se creuser, l’entreprise cite le Shanghai-New York où le retard médian de mars était de 8,05 jours (contre 1,09 jour en mars 2020), Shenzhen-Hambourg, à 9,23 jours (contre 3,52 jours en mars 2020) ou encore le Shenzen - Newark-Port Elisabeth, accusant 12,92 jours d’attente en mars (contre 0,29 jour en mars 2020).

Des perturbations gérables

L'incident du canal de Suez est une aubaine pour l’entreprise technologique dont l’offre consiste précisément à fournir des outils analytiques permettant d’anticiper les perturbations et autres aléas de la chaîne de transport. « Avec une visibilité en temps réel et des capacités d'alerte avancées, gérer et éviter les perturbations sont plus faisables que jamais », indique Josh Brazil, vice-président marketing de la société, qui est aussi représentée commercialement en France. 

Les ports français ne manifestent aucune inquiétude particulière. Il nous est signifié en somme qu’il n’y a pas vraiment de sujet. Parfois le retard de compétitivité a des avantages, à moins que cela ne soit en raison de leur capacité à absorber les arrivées massives.

Adeline Descamps