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Quel avenir attend ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), premier fabricant allemand de sous-marins et de navires militaires ? La situation de sa maison-mère ThyssenKrupp, en profonde restructuration, laissait planer des doutes sur le maintien de cette activité très stratégique et très convoitée au sein du groupe. Le groupe répond en investissant à Kiel... 

Le géant allemand de la sidérurgie, qui fabrique des ascenseurs, des sous-marins, des composants automobiles, des infrastructures clés en main, est engagé depuis plusieurs mois dans une réforme structurelle. Pousserait-il sa restructuration au point d'abandonner la construction navale. Son concurrent français Naval Group rêve depuis longtemps d’un rachat ou d’une fusion. Hervé Guillou, son PDG, avait d’ailleurs réitéré son intérêt fin octobre à Berlin, en marge d’un Forum Handelsblatt-Les Échos. Il celui-ci expliquait ainsi qu’aucun groupe européen n’a la surface nécessaire pour se maintenir durablement au top à l’international et que « l’intégration européenne de notre industrie n’est plus une question d’idéalisme, mais de survie ».

La réponse du conglomérat allemand basé à Essen ne s’est pas faite attendre et elle est claire. Lundi 4 novembre, ThyssenKrupp annonçait son intention d’investir 250 M€ dans la modernisation de son chantier de Kiel, avec à la clé la création de 500 emplois (le groupe emploie actuellement 6 000 salariés). L’objectif est de devenir « le chantier naval le plus moderne d’Europe », a expliqué le directeur général de TKMS, Rolf Wirtz.

Messages à lire entre les lignes

L’annonce, qui laisserait entendre qu'il n'est pas à vendre, peut être interprétée de diverses manières. L’entreprise s’adresse d’abord à ses clients, et notamment au premier d’entre eux, le gouvernement allemand, auquel il signifie qu’il s'active pour rester à la pointe technologique. En retour, il attend que Berlin considère enfin officiellement le secteur de la construction navale militaire comme un secteur technologique clé qui ne doit pas forcément être soumis à des appels d’offres européens.

L’autre message de TKMS est destiné à ses concurrents et, là aussi, au premier d’entre eux, Naval Group. En déclarant ses intentions à garder le leadership, TKMS signale qu’il n’est pas prêt du tout à se lier aux Français mais aussi que, s’il le fait un jour, il n’a pas l’intention de négocier avec la position d’un partenaire junior.

Thomas Schnee