L'UE rejoint le Japon dans sa plainte déposée auprès de l'OMC pour contester les subventions coréennes accordées à son industrie de construction navale. Tous deux estiment qu'elles faussent le marché et risquent d'affecter les flux commerciaux.

Le plan coréen de relance de la marine marchande et de la construction navale ne passe pas. L'Union européenne souhaite se joindre à la plainte en cours du Japon concernant les subventions que le gouvernement sud-coréen aurait accordées à son industrie de la construction navale, a informé l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En novembre, le Japon a sollicité une consultation avec la Corée, alléguant que les subventions coréennes - y compris les prêts, fonds, garanties, assurances et autres financements - sont incompatibles à la fois avec l'Accord sur les subventions et les mesures compensatoires, l'Accord SMC, qui régit l'octroi de subventions et prévoit le recours à des mesures compensatoires en vue de neutraliser le dommage causé par des importations subventionnées, et avec l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994.

En octobre dernier, un an après l'annonce, l'exécutif coréen a annoncé qu'il allait d’ici la fin de l’année allouer plus de 700 M$ à Hyundai Merchant Marine, par l’émission d’obligations perpétuelles qui seront acquises à parts égales par la Korea Development Bank (KOBC), le principal actionnaire et créancier de l’armateur, et par la Korea Ocean Business Corp, l’entité créée en juillet pour piloter et soutenir cette relance. La KOBC a par ailleurs accordé 123 M$ de garanties de paiement aux compagnies Korea Line, SK Shipping, Polaris Shipping et H-Line pour l’acquisition de navires adaptés aux normes environnementales à venir. De plus, 64 M$ ont été affectés à un programme de « Sale and Lease Back » destiné à neuf petits et moyens armateurs afin d’améliorer leur trésorerie. Divers dispositifs d’aides ont également été instaurés pour les compagnies qui décident de fusionner afin d’alléger les coûts engendrés. Selon les cas, la KOBC pourra acheter des obligations des sociétés à hauteur de 89 M$, payer carburant et salaires pendant 6 mois, fournir des prêts de 178 M$ sur trois ans et accorder une réduction de 50 % des droits portuaires. 

L'UE rappelle qu'avec un chiffre d'affaires consolidé de 112,5 Md€, elle représente plus de 23 % de la valeur de la production mondiale de technologie maritime et qu''elle produit et exporte à la fois des navires et des équipements maritimes et de navigation. Elle estime les mesures mentionnées dans la demande de consultation peuvent avoir une incidence importante sur le prix des navires, les moteurs de navires et autres équipements, et affecter les flux commerciaux pour ces produits. Á ce titre, Bruxelles rapelle qu'elle a un "intérêt commercial substantiel" dans les consultations de l'OMC sur les différends.

---La rédaction ---