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Les deux compagnies japonaises viennent de publier leurs résultats du 3e trimestre. Les bénéfices s’affichent en croissance à deux et trois chiffres. Mais les chiffres d’affaires déçoivent. 

Ocean Network Express (ONE), compagnie née du rapprochement entre les trois principaux transporteurs nippons MOL, K Line et NYK (215 navires d'une capacité de 1,57 EVP), vient de publier un bénéfice trimestriel – en « considérable augmentation » –, de 326 %, soit 515 M$ contre 121 M$ de la même période l'année dernière (son année fiscale s'étend du 1er avril au 31 mars). Le bénéfices de ONE pour le semestre clos le 30 septembre s’élève désormais à 682 M$.

« Entre le premier et le deuxième trimestre, l'équilibre entre l'offre et la demande s'est amélioré pour tous les trafics, notamment en Asie-Amérique du Nord, où le niveau de l'année précédente a été rétabli et où d'autres trafics sont en croissance », indique la société.

La compagnie japonaise a bénéficié, comme ses homologues du secteur maritime conteneurisé, d’un alignement de planètes entre des taux de spot sensiblement élevés au troisième trimestre (deuxième trimestre de l'exercice financier japonais) et un prix de carburant en baisse au niveau mondial, passant d'une moyenne de 348 à 309 $/t en un trimestre.

Bien que les volumes transportés ont été en repli, ONE affiche des taux d’utilisation record de ses capacités, de 100 % sur le marché transpacifique et de 98 % sur l'Asie-Europe (dans le sens ouest, de 43 % et 70 % respectivement). Pour Lars Jensen, le consultant maritime de Sea-Intelligence, qui a réagi sur les réseaux sociaux, la faible croissance des volumes est clairement l’illustration « du programme agressif de blank sailing qui a permis de réduire les coûts et d'améliorer la rentabilité au plus fort de l'impact de la pandémie ». 

One ne voit pas encore tout à fait la vie en magenta

Grâce à THE Alliance

Les blank sailing ont en effet opéré pleinement puisque les trafics sont en baisse sur tous les grands axes, à l'exception du commerce Asie-Amérique du Nord vers l'ouest, en progression de 5,5 % par rapport à l'année précédente. En revanche, les volumes ont diminué de 1 % sur le trafic Asie-Amérique du Nord dans le sens est, de 14 % sur le trafic Asie-Europe dans le sens ouest et de 12 % dans le sens est.

Il a fallu quelques années à la jeune société, créée il y a à peine deux ans, pour sortir de la nasse après des débuts chaotiques. Elle avait annoncé en mai avoir transformé sa perte de 586 M$ en bénéfice de 105 M$. Mais « la situation est incertaine, prévient cependant la société. La poursuite de la pandémie et les inquiétudes quant à la baisse de la demande qu'elle entraîne, associées à la saison traditionnellement calme du 4e trimestre (après le Nouvel An chinois), laissent présager un bénéfice de 245 M$ pour le 2e semestre (qui se terminera le 31 mars 2021) » indique l’entreprise. 

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MOL déçoit 

La compagnie japonaise Mitsui OSK Lines, toutes activités confondues (vrac sec et conteneur), a présenté, elle, des ventes en chute libre pour le deuxième trimestre mais les bénéfices après impôts ont crée la surprise, enregistrant un bond de 85 % pour atteindre 24,76 milliards de yens (326 M$). En revanche, le chiffre d'affaires de la société est en repli de 20 %, s’établissant à 233,2 milliards de yens (2,1 Md$) tandis que ses revenus d'exploitation sont en forte baisse de 83 % pour atteindre 904 millions de yens (8,7 M$).

La note de crédit de la compagnie japonaise, tout comme celle de sa compatriote NYK Lines, a été dégradée cet été par les agences internationales de notation mais, contrairement à ses homologues européennes, n’a pas été restaurée ensuite. 

Adeline Descamps