©Brittany Ferries

Fin mai, le président de Brittany Ferries, Jean-Marc Roué, a officialisé le nom de son troisième ferry au GNL. Le Saint-Malo remplacera le Bretagne, âgé de 36 ans, sur la ligne entre Portsmouth et Saint-Malo. Le futur fleuron de la flotte de la compagnie bretonne présente un supplément d’âme supplémentaire par rapport au Salamanca, en service depuis mars, et le Santona qui doit entrer en flotte début 2023. Il sera doté de moteurs électriques.

Un nouveau navire GNL par an : c’est le rythme auquel Brittany Ferries effectue sa transition énergétique. Le 31 mai, le président de Brittany Ferries, Jean-Marc Roué, a dévoilé le nom du ferry qui rejoindra la flotte à partir de 2024. Le Saint-Malo est destiné à pallier sur la ligne entre Portsmouth et Saint-Malo le départ du Bretagne qui prend sa retraite après 36 ans de bons et loyaux services. Le troisième navire au GNL présente une particularité supplémentaire : il sera hybride, doté de moteurs électriques.

Brittany Ferries a fait le choix du GNL en 2016 avec des navires neufs affrétés à long terme avec options d’achat à l’armateur suédois Stena : le Salamanca, mis en service en mars dernier, et le Santona, qui sera livré en début d’année prochaine. Tous deux sont destinés aux liaisons entre le Royaume-Uni et l’Espagne. Si le GNL, carburant encore d’origine fossile, « constitue à ce jour la meilleure solution décarbonée pour le transport maritime », la compagnie bretonne reconnait néanmoins qu’il ne peut s’agir que d’une solution « transitoire ».

Anticiper les futurs carburants

C’est donc bien la transition vers l’électricité qui se profile, le Saint-Malo étant équipé de 10 MWh de batteries qui seront rechargées soit par courant de quai, soit en navigation par le moteur au gaz. Avec le passage du MGO au GNL, Brittany Ferries estime être en mesure de réduire de 20 à 25 % ses émissions de CO2 et de faire passer ses émissions de particules et d’oxydes d’azote et d’oxydes de soufre « à un niveau très largement inférieur aux normes environnementales ». L’hybridation GNL/électrique promet en outre une réduction de 9 % de la consommation de GNL.

Le recours aux moteurs électriques présente un autre avantage : anticiper l’arrivée de nouveaux carburants, en particulier l’hydrogène renouvelable. « Des électro-carburants issus de l’hydrogène renouvelable pourraient à terme devenir une solution performante en termes environnemental mais aussi économique, note ainsi Brittany Ferries. Les capacités des cuves ont été configurés pour anticiper cette éventualité et accueillir les futurs carburants. « Les moteurs de type dual-fuel, conçus pour le GNL, sont également adaptables à tous les combustibles à faible point d’éclair », précise l’exploitant.

Attendu pour la fin 2024, le Saint-Malo sera mis en service en tout début d’année suivante. Sa longueur sera de 195 m, soit 43,5 m de plus que le Bretagne qu’il remplacera. Sa capacité sera de 1 290 passagers et ses 386 cabines  lui permettront d’embarquer 200 à 300 passagers de plus que le Bretagne en navigation de nuit. Avec ce nouveau navire, sur une année d’exploitation de la ligne Saint-Malo-Portsmouth, Brittany Ferries pourra transporter 3 000 camions et 35 000 à 40 000 passagers de plus qu’avec l’ancien navire.

Étienne Berrier