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Selon Drewry, les transporteurs maritimes de conteneurs devraient réaliser cette année des bénéfices avant intérêts et impôts de 150 Md$, soit au moins cinq fois plus que les précédents records du secteur. Le consultant ne prévoit pas de normalisation dans les chaînes d’approvisionnement avant 2023.

Le marché spot pourrait avoir atteint un pic ces derniers jours. Néanmoins, compte tenu de l’ancrage dans la durée des perturbations maritimes, le consultant britannique relève ses prévisions qu’il avait déjà revues cette année. Dans son dernier rapport Container Forecaster, Drewry estime que le secteur du conteneur réalisera une année historique. Collectivement, les transporteurs maritimes pourraient engranger 150 Md$ de bénéfices (Ebit).

Au début de l'année, le consultant britannique avaient estimé à 35 Md$ les gains que pourraient potentiellement réaliser les armateurs de porte-conteneurs. Au deuxième trimestre, le secteur avait totalisé un Ebit de 39,2 Md$. À l’issue du premier semestre, en juillet, alors que les taux de fret atteignaient des sommets inviolés, Drewry plaçait la barre à 100 Md$.

Cette dernière mise à jour, plus de quatre fois supérieure à la première projection, témoigne à elle seule de la fulgurance du marché actuel.

Rembourser, investir, rémnérer

Les transporteurs n’ont pas thésaurisé, poursuit la société de conseil. Ils ont utilisé leurs profits de diverses manières « en remboursant leurs dettes, en versant des dividendes aux actionnaires et en investissant dans des navires ou équipements. C'est important car, plus les transporteurs font de bénéfices plus ils devront justifier leur rôle ». À défaut de convaincre des chargeurs, ils doivent montrer patte blanche auprès des régulateurs « à l'affût de preuves d'activités contraires à l'éthique », estime-t-il.

2022, une autre année profitable

L’année 2022 devrait être encore plus profitable selon le britannique qui promettait à l’industrie du conteneur une « triple bastonnade » en 2020 (la raclée attendra encore un peu). Il s’appuie pour cette estimation sur un nombre sensiblement plus élevé de contrats long terme que les compagnies auront signés avec leurs clients, ce à quoi elles s’emploient activement. « En 2022, les taux spot devraient baisser, mais il y aura une augmentation significative des prix contractuels, ce qui entraînera une augmentation des prix moyens mondiaux d'environ 6 % ».

Une donnée intéressante sera à suivre de ce point de vue : si le gel des taux de fret décidé par CMA CGM et Hapag-Lloyd – précisément pour inciter les clients à délaisser le marché au comptant –, aura eu un quelconque effet sur le nombre de contrats pluriannuels signés.

Pas de normalisation avant 2023

In fine, le nombre de conteneurs manutentionnés devrait croître de 8,2 % cette année, ou de 7,2 % par rapport à 2019, et de 5,2 % en 2022 « bien que les pressions inflationnistes croissantes, découlant en partie des inefficacités de la chaîne d'approvisionnement, présente un risque de baisse ». Quant aux perturbations en mer et dans les ports, Drewry ne s'attend pas à voir les opérations se normaliser avant la fin de 2022.

Adeline Descamps