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À compter du 1er octobre prochain, seuls les navires de Corsica Linea desserviront les ports de Bastia, Ajaccio et Ile Rousse sous délégation de service public de 15 mois. Ainsi en a décidé l’assemblée de Corse le 27 juin. Une défaite pour La Méridionale, qui va devoir repositionner ses navires, tout en espérant être retenue sur deux lignes, déclarées infructueuses, les deux armateurs étant au-dessus du budget fixé par la Collectivité. 

Qui aurait cru ? Inconnue il y a quelques mois à peine, Corsica Linea créée de toute pièces par des chefs d’entreprises corses a raflé ce 27 juin trois des cinq lignes maritimes entre Marseille et l’Ile de Beauté régies par le principe de la délégation de service public (DSP). « Ce résultat conforte la démarche constructive, qui est nôtre depuis 3 ans, et qui se trouve renforcée dans le plan stratégique de notre compagnie à horizon 5 ans : satisfaction clients et fiabilité du service, transition énergétique, ancrage territorial. Nous sommes conscients de la lourde responsabilité qui nous incombe désormais dans la desserte maritime de la Corse. Plus que jamais, notre mission est d’assurer un service public de qualité, fiable et pérenne, dans un cadre social apaisé. (…) C’est aujourd’hui un signal positif qui est donné au développement concerté de la filière maritime insulaire, dans le cadre d’une économie bleue, synonyme d’emplois et d’aménagements durables pour nos territoires », a commenté Pascal Trojani, président de Corsica Linea.

Grande perdante dans cette bagarre, La Méridionale aurait pu rester sur les trois ports dont elle vient d’être écartée hors cadre DSP mais elle a confirmé qu’elle ne déposerait pas d’offres de service public (OSP) sur ces trois lignes « afin d’attester de sa volonté d’apaisement ». Quant aux  lignes de Propriano et Porto-Vecchio au départ de Marseille, les marchés ont été déclarés infructueux, compte tenu des offres trop élevées des deux compagnies en lice. L'Assemblée de Corse a chargé le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, de relancer la procédure d'attribution.

Nouveau projet industriel

Reste donc l’espoir pour La Méridionale d’être retenue sur ces deux liaisons secondaires durant 15 mois. Du côté des salariés, qui ont cessé leur mouvement de grève ce 27 juin après six jours de blocage des navires au départ de Marseille, ils entrevoient un avenir sombre malgré les garanties du groupe Stef obtenues la veille sur le maintien des emplois. « Nous aurons deux navires sur Porto-Vecchio et Propriano et le troisième nous ne savons pas », explique un des 350 navigants de la flotte, qui rappelle qu’un quatrième navire vient d’être acheté.

Si La Méridionale a perdu la bataille, les hommes du groupe Stef préparent déjà le coup d’après. Le dialogue rompu entre les deux compagnies a été renoué hier à Bastia lors d’une rencontre entre Pascal Trojani et Benoît Dehay, directeur général de La Méridionale. Selon nos sources, les deux armateurs pourraient plancher sur un projet industriel qui pourrait sceller leurs destins pour les dix prochaines années.  

N.B.C