©Crowley Marine

Conforté par la signature d’un contrat d'affrètement à long terme avec le groupe pétrolier anglo-néerlandais, Crowley Maritime commande un souteur au GNL de 12 000 m3 au constructeur américain Fincantieri Bay Shipbuilding. Il sera à sa livraison en 2024 le plus grand par sa capacité en opération aux États-Unis.

Sécurisé par la signature d’un contrat d'affrètement à long terme avec Shell, Crowley Maritime a commandé un microméthanier à Fincantieri Bay Shipbuilding, basé à Sturgeon Bay, dans le Wisconsin, conformément à la loi Jones qui impose la préférence nationale. Il devrait être déployé à partir de 2024 pour avitailler en GNL les navires en escale dans les ports de la côte Est des États-Unis. 

Longue de 126 m, la barge offrira une capacité de 12 000 m3 et sera la seconde opérée pour le compte de Shell sur le continent nord-américain, avec la barge Q-LNG 4000 exploité sur la côte est de l'Amérique du Nord. Le souteur deviendrait le quatrième en opération outre-Atlantique tandis que Fincantieri Bay Shipbuilding s'apprête à livrer une autre barge GNL dans le courant de l'année à un autre client. 

3,6 Mt

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais, est avec Total, l'un des plus actifs dans le GNL, couvrant toute la chaîne, de l’exploration à la distribution. Il investit significativement dans une flotte affrétée au GNL pour ses propres besoins de transport.

Il devrait ainsi disposer de 14 navires en service au GNL d’ici la fin 2021 et indique que 50 % de ses transporteurs de brut affrétés à long terme seront alimentés avec le gaz naturel en 2023.

Selon ses données, d'ici 2023, la demande de GNL en tant que carburant marin, devrait atteindre environ 3,6 Mt, avec 45 souteurs en service. Shell est déjà un acteur de poids à cet égard avec six unités dont quatre en service. Il a « entré » récemment deux nouvelles unités de soutage : le FueLNG Bellina, qui opère à partir du premier hub d’avitaillement mondial Singapour (livré en janvier 2021) et la barge Q-LNG 4000 (novembre 2020) exploité sur la côte est de l'Amérique du Nord.  

Deux étaient déjà en activité : le Cardissa (6 500 mdepuis 2017 mais dont Shell a annoncé la vente en juin) et la barge LNG London (3 000 m3) depuis 2019. Un cinquième de 18 000 m3 a été commandé auprès du constructeur coréen Hyundai Mipo et attendu en 2022. Il sera le premier à souter en GNL en Corée. 

Le 4 mars, l’anglo-néerlandaise a annoncé l’affrètement d’un nouvel avitailleur de 5 000 m3 actuellement en construction en Espagne par le chantier Astilleros Armon pour Knusten. Il sera alimenté par le terminal de regazéification Enagás à Barcelone.  

Des données imprécises

Dans son rapport Maritime Forecast to 2050, DNV indique qu’il y avait, en juin 2021, 220 navires alimentés au GNL en exploitation et 354 autres en commande. Il recensait en outre 31 souteurs au GNL en exploitation et une vingtaine en commande. 

Mais les données sont extrêmement volatiles. Rystad répertorie pour sa part une vingtaine de barges en exploitation dans le monde à fin 2020 (depuis, d’autres sont entrées en flotte), dont 16 opérées en Europe.  

Adeline Descamps