Les VLCC représentent 9 % du commerce depuis janvier 2018 et les Suezmax 38 %, réduisant la demande d'Aframax à 50 % du total.©DR

 

Les analystes voient dans le contexte des indicateurs favorables pour les propriétaires de pétroliers. La chute des prix du pétrole, qui stimule la demande de pétrole, devrait se traduire par des coûts de soute moins élevés et, par conséquent, par des rendements équivalents à ceux des affrètements à temps plus fermes.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a une nouvelle fois revu à la baisse ses prévisions de la demande de brut pour 2018 et 2019 et s’inquiète d'une offre excédentaire sur le marché. La croissance de la demande mondiale est désormais attendue à 1,5 million de barils par jour (Mb/j) par rapport à 2017, une révision à la baisse de 40 000 barils par jour par rapport au mois dernier, pour atteindre une demande totale de 98,79 Mb/j.

Ce changement s'explique par une demande moindre que prévu en provenance du Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, de Chine, indique l'OPEP, dont les membres (Arabie saoudite, Irak, Iran, Emirats, Koweit, Nigeria...) doivent se réunir le 6 décembre à Vienne pour décider de leur politique. Pour l'an prochain, la croissance est désormais attendue à 1,29 Mb/j, environ 70 000 barils par jour de moins que la prévision du mois dernier. La consommation mondiale atteindrait ainsi 100,08 Mb/j. Côté offre, la prévision de la production des pays extérieurs au cartel a été légèrement revue en hausse pour 2018 et 2019, tirée notamment par les États-Unis.

Le baril de Brent est passé ces derniers jours sous les 70 dollars, les sanctions américaines contre l'industrie pétrolière iranienne s'avérant finalement moins sévères que prévu. L'Arabie saoudite, premier producteur de l'OPEP, a annoncé qu'il allait réduire sa propre production et diminuer en décembre ses exportations de 500 000 barils par jour par rapport à novembre. Les Émirats Arabes Unis (+142 000 barils par jour) ont été les principaux contributeurs à la hausse, suivis par l'Arabie saoudite (+127 000 b/j). Cela a une nouvelle fois plus que compensé le déclin de la production iranienne (-156 000 b/j) sous l'effet du retour des sanctions américaines.

Les analystes voient dans le contexte des indicateurs favorables pour les propriétaires de pétroliers. La chute des prix du pétrole, qui stimule la demande de pétrole, devrait se traduire par des coûts de soute moins élevés et, par conséquent, par des rendements équivalents à ceux des affrètements à temps plus fermes. L’alignement des taux sur la demande en tonnes-milles suggèrerait que l'offre de navires dans certaines régions de chargement serait plus faible. De nombreux propriétaires ont déclaré des bénéfices plus faibles dans leurs rapports du troisième trimestre mais se sont montrés optimistes à l'égard du quatrième trimestre.

---A.D ---

 

 

Les VLCC et les suezmax détrônent les Aframax

Selon le coutier spécialisé dans les secteurs de l'énergie et du transport maritime Poten and Partners dans une revue hebdomadaire du marché, les VLCC (Very Large Crude Carrier, entre 150 000 et 320 000 t) et les Suezmax (jusqu'à 150 000 t) ont pris au cours des deux dernières années, une part plus importante des exportations de pétrole brut de la mer du Nord, un marché traditionnellement dominé par les Aframax. Les VLCC représentent 9 % du commerce depuis janvier 2018 et les Suezmax 38 %, réduisant la demande d'Aframax (pétroliers dont le port en lourd est compris entre 80 000 et 120 000 t) à 50 % du total.

En cause, l'augmentation de la production en mer du Nord et la stagnation de la demande européenne de pétrole qui "se traduisent par une augmentation des exportations vers des destinations lointaines", a déclaré Poten. Les VLCC ont deux destinations principales pour le brut de la mer du Nord en Asie, à savoir la Chine et la Corée, avec des livraisons occasionnelles vers d'autres destinations comme la Thaïlande, la Malaisie et Taiwan. Les Suezmax, en revanche, ont des destinations plus diversifiées, y compris le Royaume-Uni et les Pays-Bas, suivis par la Norvège, l'Allemagne, la Suède, la France et le Danemark. De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis et le Canada reçoivent régulièrement des Suezmax avec du brut de la mer du Nord. Bien que la mer du Nord soit considérée comme une région mûre, les perspectives de production et d'exportation pour les années à venir sont positives, car l'AIE prévoit une nouvelle croissance dans cette région.