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Alors que trois personnes ont été secourues et une disparition enregistrée, les secours sont toujours à pied d’œuvre autour du ro-pax de Grimaldi pour retrouver les dix passagers. Ces dernières heures, le feu n’était toujours pas sous contrôle et les polémiques émergent déjà.

C’est une tragique course contre la montre – le temps étant le principal ennemi dans de telles circonstances – qui se joue depuis cinq jours au large de Corfou pour retrouver les dix passagers disparus suite à l’incendie de l'Euroferry Olympia, dont le capitaine avait été contraint, dans la nuit du 16 au 17 février, de procéder à une évacuation nocturne d’urgence des passagers et membres d’équipage.

Opérant la liaison entre Igoumenitsa en Grèce et Brindisi en Italie, avec à bord entre 239 et 279 passagers (les chiffres restent imprécis, la compagnie Grimaldi communique sur le nombre de 239, les garde-côtes grecs sur 279 et l’OMI, 290), 51 membres d’équipage, 53 camions et remorques et 32 véhicules légers, le ro-pax exploité sous pavillon italien par Grimaldi était au large de l’île grecque de Corfou lorsqu’un incendie s'est déclaré depuis un des ponts-garages.

Trois personnes sorties des entraves calcinées

Depuis dimanche, trois personnes, piègées par les flammes, ont pu être secourues tandis que le corps d'un passager grec de 58 ans a été retrouvé dans une remorque calcinée, première disparition enregistrée.

Depuis le vendredi 18 février en fin de journée, les équipes du spécialiste néerlandais du remorquage et sauvetage SMIT Salvage sont à pied d’œuvre, aidés par cinq patrouilleurs des garde-côtes grecs et italiens. Deux remorqueurs supplémentaires de Smit avaient été sollicités ces derniers jours en renforts tandis qu’une unité spéciale grecque de lutte contre les catastrophes a dépêché une quarantaine de ses pompiers. Le feu n’était toujours pas ces dernières heures sous contrôle et continuait de ravager le navire.

Le témoignage du dernier rescapé interpelle et nourrira sans doute les éléments de l’enquête tout comme il alimentera la pompe à polémiques, dont s’emparent déjà certains médias. L’homme de nationalité biélorusse, secouru dimanche, a expliqué qu’il s’était calfeutré à l’intérieur de la cabine de son camion dans une cale manifestement préservée des feux.

Une histoire qui pourrait devenir politique

Or, selon la réglementation internationale, se défend l’armateur napolitain, l'accès aux ponts-garages par les passagers est absolument interdit, lorsque le navire est en navigation. Grimaldi assure que cette règle est assurée par tous les passagers à bord, y compris les chauffeurs routiers. « L'évacuation de la zone de chargement est vérifiée avant le départ et des membres d'équipage patrouillent régulièrement pour y veiller ».

Il se pourrait que le nombre indéfini de passagers ait une raison : selon les médias locaux, un passager afghan, qui n'avait pas été enregistré, a été secouru. 

Adeline Descamps