Maersk Supply Service dispose d’une flotte de 44 navires ©AP Moller

 

La société de services offshore était l'une des dernières « ressortissantes » du portefeuille d'activités détenues par A.P. Moller – Maersk dans l'énergie, dont veut sortir le groupe danois. Mais faute de solutions, il se résigne à en garder le contrôle. La conjoncture, toujours caractérisée par une offre excédentaire, des restructurations et des regroupements financiers et des perspectives faibles à court et à moyen terme, ne s'y prête pas vraiment.

Finalement, le géant danois du transport maritime ne cédera pas sa société de services offshore, comme il en était question depui sde longs mois. Le conseil d'administration d’A.P. Moller – Maersk, maison-mère du leader mondial du transport maritime Maersk Line, a décidé de conserver la pleine propriété, indique le groupe danois.

Depuis 2016, pour se recentrer sur son cœur de métier – le transport et la logistique – et sortir du secteur de l'énergie, A.P. Moller – Maersk s'est lancé dans une vaste restructuration en vue de filialiser ou céder bon nombre de ses activités pétrolières (Maersk Tankers, Maersk Oil et Maersk Drilling en cours). Il restait alors à sceller le sort de sa société de services offshore Maersk Supply Service, qui accusait une perte de 251 M€ fin 2017 quand le leader mondial du transport maritime de conteneurs a entrepris de trouver une solution « structurelle ». En vain, il se résigne à en garder le contrôle. Le contexte ne se prête pas à une cession dans de bonnes conditions, indique-t-il.

« Au cours des trois dernières années, l'industrie des navires de soutien offshore, au sein de laquelle Maersk Supply Service opère, a montré des signes évidents de détresse, réduisant la capitalisation boursière des entreprises et la valeur des actifs, ce qui a eu un impact négatif sur sa capacité à trouver une structure de propriété durable en dehors de A.P. Moller – Maersk », justifie Claus V. Hemmingsen, vice-président de A.P. Moller - Maersk et CEO de la division Énergie.

Pas d'affectation sur les résultats du groupe 

Le groupe a estimé qu’au regard de l'orientation stratégique prise en 2016 par sa filiale pour moins dépendre du marché du pétrole et du gaz à l'avenir, elle était suffisamment solide pour absorber la dépression du secteur et être prête quand il y aura reprise. « La stratégie progresse bien et en 2018, environ 30 % des revenus de Maersk Supply Service ont été générés par des activités nouvelles et diversifiées, notamment l'éolien offshore, le nettoyage des océans et l'exploitation minière en haute mer », explique le dirigeant. Maersk Supply Service dispose d’une flotte de 44 navires relativement jeune (âge moyen de moins de dix ans).

Juridiquement, il faudra donc réintégrer la société dans le bilan financier et flux de trésorerie de A.P. Moller - Maersk. La société avait été désolidarisée, classée comme un actif destiné à être cédée. Mais le reclassement de Maersk Supply Service n'affectera pas les prévisions financières du groupe pour 2019, telles qu’elles ont été annoncées le 21 février, assure le groupe.

Sur l'exercice 2018, Maersk Supply Service a réalisé un chiffre d'affaires de 263 M$ et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 3 M$ avec un flux de trésorerie négatif de 316 M€ en lien avec l'arrivée de quatre nouvelles unités. Fin 2018, le capital investi s'élevait à 714 M$. Pour 2019, l’Ebitda devrait être proche de l'équilibre, indique le groupe, mais le cash-flow restera négatif (d'environ 200 M$), en raison de la livraison de nouveaux navires commandés en 2014.

A.D.