©Hapag-LLoyd

 

Les profits de la compagnie maritime allemande ont littéralement explosé au 2e trimestre. Hapag-Lloyd a terminé le semestre avec un bénéfice doublé. À l’instar de ses homologues, elle tire parti de la hausse des taux de fret et de la baisse des coût de soute. 

« Après un bon début d'année, les volumes de transport ont sensiblement diminué au deuxième trimestre en raison de la pandémie. Mais nous avons profité de la chute soudaine du coût de soute, ajusté la capacité à la baisse de la demande et pris des mesures supplémentaires de réduction des coûts. Dans l'ensemble, nous avons un bon premier semestre malgré la crise du coronavirus », reconnaît Rolf Habben Jansen, le directeur général de Hapag-Lloyd.

La compagnie à l’actionnariat en partie public a en effet conclu le premier semestre de l'année 2020 avec un résultat avant intérêts et impôts (Ebit) de 511 M€, dépassant largement celui de l’année précédente, à période comparable (389 M€). Avec 285 M€, le bénéfice du groupe a presque doublé. Dans le même temps, le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (Ebitda) a augmenté de 212 M€ pour atteindre 1,17 Md€.

Résultats d’Hapag-Lloyd à l’issue du premier semestre 2020

Savante gestion de capacités

Le chiffre d'affaires est pourtant en baisse (- 1 %, soit 122 M€), à 6,4 Md€, reflet de la chute des volumes (- 3,5 %) : la compagnie a transporté 5,75 MEVP. Les flux ayant légèrement augmenté au premier trimestre, c’est bien le deuxième trimestre qui est responsable du recul. Entre avril et juin, le transport de conteneurs a dévissé de 11 % par rapport à la même période de l'année précédente.

Malgré les volumes et chiffre d’affaires en repli, les taux de fret moyen se sont maintenus à un niveau élevé et sont passés de 1 071 à 1 104 $/EVP entre le premier semestre 2019 et 2020. Comme pour ses homologues, Hapag-Lloyd ne doit donc pas ses profits à la hausse de ses volumes mais à son aptitude à avoir savamment géré sa capacité, en particulier sur le trade transpacifique où les tarifs ont étonné. Au cours du 2e trimestre, la compagnie allemande avait réduit sa capacité de 16 %, ramené en août à 9 %.

Surcharges moins élevées au 3e trimestre

Le mécanisme de surcharge de carburant (Marine Fuel Recovery) a en outre largement contribué aux bons résultats. La surtaxe avait été initialement conçue pour couvrir les coûts liés à la transition vers un carburant à faible teneur en soufre conformément à la nouvelle réglementation de l’OMI du 1er janvier 2020. « Les surtaxes sur les combustibles de soute seront moins élevées au troisième trimestre », garantit aujourd’hui le transporteur allemand.

Il n’a en réalité pas vraiment le choix. En raison de la déroute des marchés pétroliers provoquée par la crise sanitaire – en avril, le cours du brut est passé sous zéro dollar, un inédit historique – les prix des carburants conformes sont bien en deçà de ce qui avait été anticipé par la plupart des compagnies maritimes de conteneurs. Hapag-Lloyd avait estimé que le passage à un combustible à faible teneur en soufre pèserait 1 Md$ de plus la première année sur sa facture énergétique. À 448 $/t durant le premier trimestre, soit environ 4 % de plus que l'année précédente, le coût de soute s’est ensuite orienté à la baisse, si bien qu’il est ressorti, sur le semestre, en baisse de 4 %.

Réserves de liquidités

In fine, la compagnie disposait fin juin d’une trésorerie confortable, à environ 1,7 Md€. L’entreprise maintient ses prévisions pour l'ensemble de l'année, soit un Ebitda compris entre 1,7 et 2,2 Md€, sous réserve de « grandes incertitudes » et « d'une reprise progressive de l'économie mondiale au second semestre », mentionne-t-elle.

Outre les incertitudes sur les volumes de transport liées à l’évolution de la pandémie, signifie Rolf Habben Jansen, il faudra composer avec celles des taux de fret et des prix des soutes dont la trajectoire à la baisse ou à la hausse « impactera de façon significative nos résultats au cours du second semestre ».

Adeline Descamps