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Le Parlement grec a ratifié jeudi soir un accord bilatéral sur la délimitation des zones maritimes d'exploitation d'hydrocarbures en Méditerranée orientale entre la Grèce et l'Égypte, accord qui suscite la colère de la Turquie voisine.

La Turquie et la Grèce se disputent depuis des décennies l'étendue de leurs eaux territoriales respectives en Méditerranée orientale. La Grèce assure que le droit maritime international lui permet d'établir à 12 milles marins la limite de ses eaux territoriales, contre six aujourd'hui. Ankara refuse aussi toute prétention des îles grecques situées au large des côtes turques à une zone économique exclusive, ce qui lui couperait l'accès aux gisements gaziers en Méditerranée. Mais ces dernières semaines, les tensions gréco-turques sur la délimitation de ces zones maritimes riches en hydrocarbures se sont aggravées. La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers dans cette région a attisé les contentieux entre les deux voisins. Ces derniers jours, une médiation européenne tente de désamorcer l’escalade alors que le 24 août, Ankara et Athènes, tous deux membres de l'Otan, ont annoncé la tenue, à partir du 25 août, d'exercices militaires en Méditerranée orientale, la première avec les États-Unis, la seconde avec la France, Chypre et l'Italie.

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En riposte à l’accord de délimitation maritime signé en novembre 2019 entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le chef du Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj, qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale, la Grèce a signé un accord similaire avec l'Égypte le 6 août.

Il a té ratifié par les 178 députés sur les 300 que compte le parlement grec. Un accord similaire entre Athènes et Rome avait été paraphé le 25 août délimitant cette fois les zones de pêche de la Grèce et de l'Italie et confirmant le droit des îles grecques en mer Ionienne (ouest) d'avoir des zones maritimes d'exploitation. En vertu de ce traité, l'Égypte et la Grèce sont désormais autorisées à tirer chacune le maximum d'avantages des ressources disponibles dans la zone économique exclusive (ZEE), notamment des réserves de pétrole et de gaz.

Le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a souligné que « leur ratification était urgente » au vu des « activités illégales de la Turquie ». Le chef du gouvernement a annoncé au cours du débat parlementaire la rédaction prochaine d'un projet de loi sur « l'extension de la zone littorale en mer Ionienne de six à douze milles marins en vertu de la Convention internationale sur le droit de la mer ». Signée en 1982, cette convention est souvent utilisée par Athènes en tant que levier de pression sur la Turquie, située à sa frontière orientale.

La rédaction