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Le gouvernement britannique a annoncé le 24 avril une aide d'un montant de 17 M£ pour les exploitants de ferries assurant des services de fret sur cinq routes maritimes entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord pendant la pandémie. Les ministres des Transports britannique, irlandais et français s’engagent par ailleurs à garantir la libre circulation des marchandises et des travailleurs « essentiels » entre les trois pays.                                       

Une enveloppe de 19,5 M€ a été dégagée pour accompagner les compagnies de ferries assurant le transport de marchandises dites essentielles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande. Le ministre des Transports Grant Shapps a précisé que ces fonds pourraient être, le cas échéant, complétés par « plusieurs dizaines de millions de livres » pour soutenir d’autres lignes. « Cette décision vise à sécuriser la capacité de fret dont nous avons besoin dans tout le Royaume-Uni », a jutifié le ministre. « Ce financement aidera les opérateurs à préserver notre chaîne d'approvisionnement et à maintenir le flux de marchandises dites essentielles de part et d’autre de la mer d'Irlande. »

P&O, 1 400 personnes au chômage

Jusqu'à présent, les transporteurs opérant au Royaume-Uni ont largement essayé de maintenir les services existants, mais ils ont perdu toutes les recettes issues du trafic de passagers et des marchandises dites non essentielles en raison des restrictions de voyage liées aux mesures de confinement. Les entreprises sont toutes confrontées à des difficultés financières et ont eu recours au chômage technique pour une partie de leurs effectifs (furloughing en anglais, licenciement temporaire). P&O Ferries, en particulier, a dû s’y résoudre pour 1 100 des 4 000 personnes qu’elle emploie. Suite à des révélations de la presse, la filiale de DP World avait fini par reconnaître que sa situation était délicate et que l'entreprise « cherchait par tous les moyens à obtenir le soutien de toutes les parties prenantes pour un montant total de 257,5 M£ (292 M€) afin d’assurer la pérennité de l'entreprise ».

Le 23 avril, la compagnie a annoncé qu'elle devait mettre 300 personnes de plus au chômage technique et immobiliser quatre navires engagés engagés sur la route de Douvres à Calais, les Pride of Burgundy, Pride of Canterbury, Pride of Kent et European Seaway. Cette décision fait suite à un différend survenu la semaine dernière lorsque le Irish Sea a été bloqué à Liverpool pendant quatre jours en raison d'une facture impayée de 560 000 £ (640 000 €) au titre des droits de port.  

Déclaration commune entre la France, la Grande-Bretagne et l’Irlande

Si la British Ports Association (BPA) a salué l’initiative gouvernementale, considérant qu’elle pouvait contribuer à « maintenir la viabilité des routes », elle estime qu’elle n'aidera pas les ports dont les « coûts fixes sont importants » et qui enregistrent des « pertes de revenus ». Les ports britanniques auront également besoin d'une aide financière pour sortir indemnes du confinement, a prévenu le PDG de la BAP, Richard Ballantyne.

Par ailleurs, les ministres des Transports de la France, de l'Irlande et du Royaume-Uni se sont engagés le 24 avril à travailler ensemble pour garantir la libre circulation des marchandises et des travailleurs « essentiels » entre les trois pays.

Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire chargé des Transports, Grant Shapps, ministre britannique des Transports, et Shane Ross, ministre irlandais des Transports, du Tourisme, et des Sports, l’ont formalisé dans une déclaration commune. « La crise actuelle constitue une menace pour la circulation des marchandises si nous n'agissons pas. L'Irlande a déjà annoncé une mesure visant à soutenir certains itinéraires essentiels sur les axes continentaux et méridionaux de l'Irlande. Le Royaume-Uni a annoncé une aide en faveur des lignes critiques à destination et en provenance du Royaume-Uni. La France entend accompagner cet effort et contribuer ainsi au maintien du lien avec l’ensemble du continent européen », signent les représentants des gouvernements. « En ces temps difficiles, travailler en partenariat est important pour aider à faire circuler le fret entre et à travers nos pays. »

Robert Jaques