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En hausse de 215 % depuis le début de l'année, le Breakwave Dry Bulk Shipping, qui investit exclusivement dans des contrats à terme axés sur le vrac sec, se hisse à la première place du podium, tous ETF confondus. Il est le reflet de l’incroyable année pour le segment qui a atteint son plus haut historique.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas, surtout en bourse. Le Breakwave Dry Bulk Shipping ETF (BDRY), qui investit dans des contrats à terme dans le vrac sec, est l’heureux gagnant de l’année 2021 dans la galaxie des ETF (Exchange Traded Fund), ces fonds indiciels qui répliquent un indice boursier et offrent ainsi la possibilité d’investir sur l’ensemble d’un marché au lieu de choisir des actions distinctes. Il prend la première place, tous ETF confondus, après avoir encaissé vertigineux bond de 215 % depuis le début de l'année. Le fonds négocié en bourse faisait partie des grands perdants en 2020, accusant une baisse de 50,8 %. 

Le BDRY est le reflet de la hausse impressionnante du BDI, le Baltic Dry Index. L’indice, qui fournit une évaluation du prix à payer pour transporter les principales matières premières sur 26 routes maritimes, a atteint fin septembre son plus haut niveau depuis 2008, soutenu par une demande robuste dans tous les segments de vraquiers, aidé par la crise de l’énergie et du fait d’une offre restreinte en raison de la congestion généralisée des ports dans le monde entier.

Crise de l'énergie : les vrais gagnants

6 % de la flotte mondiale de vraquiers bloqués

La crise de l’énergie a propulsé l’affrètement des vraquiers à des niveaux élevés dans le sillage de la montée en fièvre des prix du charbon et du gaz. Si les prix se sont assagis depuis, il en coûtait au début du troisième trimestre 80 000 $/jour pour louer à la journée un capesize.

Selon plusieurs estimations convergentes, au pic de l’engorgement portuaire, près de 6 % de la flotte mondiale étaient mobilisés au mouillage ou à l’ancrage, principalement au large des côtes chinoises. Ce qui a contribué à électriser les taux de fret. En tant que premier importateur mondial des matières premières, la Chine est le premier client de ces bêtes de somme pour le minerai de fer que sont les capesize et de ces chevaux de trait pour le charbon que sont les panamax.  

Conteneurs : l'improbable traversée des six premiers mois de l'année

Entre 7,03 et 42,22 $

Le BDRY a commencé à se négocier en mars 2018, et les actifs sous sa gestion s'élèvent désormais à près de 55 M$. Le transport maritime étant un marché où les taux sont basés sur l'offre et la demande, le fonds n’avait pas été insensible au blocage du canal de Suez fin mars par l’Ever Given, dans lequel avaient été pris en otage des centaines de navires aux deux extrémités de l’ouvrage de 193 km. Immédiatement, le BDRY avait bondi de plus 10 %.  

Seul octobre – appréhendé par les marchés superstitieux (le krach de Wall Street en 1929, le lundi noir du 19 octobre 1987 ou encore la crise financière mondiale de 2008/2009) pour la volatilité et la baisse généralement observé durant ce mois-là –, avait offert au Breakwave Dry Bulk Shipping une déconvenue en baissant de 14,9 %. Mais il était alors en hausse de 290,1 % depuis le début de l'année. Alors que l’année touche à sa fin, il devrait se fixer autour d’un mirifique + 215 % avec un cours actuel à 23,95 $ et une fourchette sur 52 semaines entre 7,03 et 42,22 $. Les investisseurs en font un « petit ETF de niche avec un ratio de dépenses élevé. » 

Combustibles fossiles et carbone

Deux autres fonds prennent la lumière. Le KraneShares Global Carbon ETF (KRBN), en hausse de 105 %, investit dans des contrats à terme sur les crédits carbone, couvrant les principaux programmes de plafonnement et d’échange (European Union Allowances, California Carbon Allowances et Regional Greenhouse Gas Initiative). Les gains traduisent la flambée des prix du carbone de référence de l’UE, qui a atteint un nouveau sommet historique de 88,88 €/t le 21 décembre. La demande de quotas a notamment atteint un pic alors la pénurie de gaz a incité les entreprises de services publics à se tourner vers le pétrole et le charbon. Les prix ont encore augmenté après le sommet annuel sur le changement climatique (COP26).

En toute logique, le troisième fonds gagnant cette année est le First Trust ISE-Revere Natural Gas Index Fund ETF (+ 94 %), les sociétés de gaz naturel ayant largement profité de la demande massive de gaz naturel dans un contexte d’approvisionnement contraint.

Adeline Descamps