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La mort de trois sauveteurs en mer en juin 2019 avait provoqué un électrochoc chez les parlementaires et le gouvernement. Le ministère de la Mer a signé le 11 décembre avec la SNSM une feuille de route dans laquelle il confirme ses engagements et un soutien financier accru.

La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) a engagé cette année une réforme de sa gouvernance pour l’orienter vers davantage de décentralisation. Grâce à son programme Cap 2030, elle compte renouveler une flotte vieillissante. Ce qui nécessite des moyens financiers : 25 M€ pour les cinq prochaines années pour les 35 navires de sauvetage hauturiers et côtiers dont la commande a été passée fin 2019 et 100 M€ au total pour 140 bateaux d'ici dix ans. Dans son rapport annuel, la SNSM souligne ses besoins financiers accrus pour 9 M€ par an.

La majorité de ses financements provenant de dons privés, l'association a récemment lancé un appel à la générosité. L’État, de son côté, a déjà relevé sa contribution au fonctionnement de la SNSM, avec une subvention supplémentaire de 4,5 Mvotée par l’Assemblée nationale en octobre 2019, qui s’ajoute aux 6,5 M€ déjà prévus antérieurement. C'est cet engagement que vient de confirmer la signature de la « feuille de route partenariale », le 11 décembre, par la ministre de la Mer Annick Girardin et le président de la SNMS Emmanuel de Oliveira.

Service public de l'État

Le document prévoit de pérenniser la contribution de l’État avec une subvention annuelle de 10,5 M€. À cet effort devrait s'ajouter celui des collectivités territoriales, là aussi avec une approche pluriannuelle. Enfin, « l’effort de collecte de fonds privés – dons, legs et mécénat – doit continuer de monter en puissance. La mobilisation de l’ensemble des filières maritimes bénéficiaires de l’action de la SNSM sera recherchée. »

De son côté, la SNSM promet de rénover sa gouvernance et de rechercher la « stabilisation » de sa « trajectoire financière », ceci par une meilleure définition de ses besoins et des ressources à mettre en face. Ses différentes missions seront plus précisément définies, certaines, dont le sauvetage, relevant d’un service public de l’État, alors que d’autres peuvent avoir des sources de financement différentes, comme les assurances pour les rapatriements sanitaires par exemple.

Indemnisation des sauveteurs victimes

Les bénévoles restent évidemment au cœur de l’organisation. La mort de trois sauveteurs au cours d’une intervention, en juin 2019, avait provoqué un regain d’attention des pouvoirs publics et un rapport du Sénat sur la SNSM, à l’automne suivant, avait abouti à trente propositions. Celles concernant la gouvernance de l’association ont été à l’origine du programme Cap 2030. Quant à la partie financement, elle n’a été que partiellement reprise par le gouvernement, puisque les sénateurs proposaient une participation systématique de l’État au renouvellement de la flotte à hauteur de 25 % et l’attribution à la SNSM de ressources fiscales ou parafiscales.

La formation des sauveteurs bénévoles est également au programme. Elle bénéficiera d'une plus grande reconnaissance et se fera en lien avec les lycées maritimes et les écoles de la marine nationale. L’engagement bénévole est aussi mis en avant, avec une « indemnisation par l'État des bénévoles blessés ou décédés en opération ainsi que de leurs familles » et un statut de pupilles de la nation pour leurs enfants. L’annonce avait été faite par Emmanuel Macron à l’occasion des Assises de la Mer à Montpellier en décembre 2019. Enfin, « l’attribution de distinctions honorifiques sera amplifiée ».

Étienne Berrier