Quelques jours après l'annonce de CMA CGM, Maersk annonce à son tour un projet pilote avec des biocarburants marins, qui serviront de carburant à un porte-conteneur de classe Triple-E entre Rotterdam et Shanghai. L'armateur danois revendique son côté pionnier. Jamais des biocarburants marins auraient été utilisés sur une route aussi longue.

De la surenchère dans la vertu environnementale ? Quelques jours après CMA CGM annonçant un avitaillement en biocarburants marins à bord d'un navire de ses navires à Rotterdam en vue de « tester et dimensionner l'utilisation des biocarburants marins durables », Maersk « dégaine » à son tour. Le leader mondial du transport maritime conteneurisé fait part d’un test-pilote sur un de ses navires triple-E, qui sera alimenté jusqu'à 20 % de sa consommation avec un biocarburant produit à partir de déchets, en l'occurrence des huiles usagées, sur une route de 25 000 milles marins de Rotterdam à Shanghai. Le « voyage » aura lieu entre mars et juin prochains.

« La puissance du biocarburant est qu'il peut, dans une certaine mesure, remplacer/mélanger avec des carburants conventionnels (fossiles), sans avoir à apporter de grandes adaptations techniques aux moteurs ou à exiger un moteur neuf complet », indique l’armateur danois pour lequel il s’agit « d'une première mondiale à cette échelle, qui permettra d'éviter 1,5 million de kg de CO2 et 20 000 kg de soufre ». Le retour sera assuré par un mélange de biocarburants.

Shell en tant que fournisseur de carburants

L’opération est portée par un consortium de sociétés néerlandaises, membres de la Dutch Sustainable Growth Coalition (DSGC) – FrieslandCampina, Heineken, Philips, Unilever, DSM et Shell (en tant que fournisseur de carburant), parmi lesquels des clients de Maersk, qui joue à ce niveau le rôle de partenaire d'exploitation.

« Le transport maritime représente 90 % des marchandises transportées, 3 % du total des émissions mondiales de CO2, et devrait atteindre 15% d'ici 2050 si rien n'est fait pour y remédier. L'économie de CO2 de ce seul trajet équivaut aux émissions annuelles de CO2 de 12 millions de kilomètres parcourus dans une voiture moyenne, soit 300 fois le tour du monde », assure l'armement danois.

A.D.