Maersk est le premier transporteur étranger à exploiter un porte-conteneurs sur les lignes intérieures en Chine. Le géant asiatique a lancé une expérimentation pilote de deux ans visant à assouplir les règles de cabotage.

Le Merete Maersk a chargé à Yangshan vingt-sept conteneurs en provenance de Vancouver. Il doit les livrer directement à Tianjin, en Chine, soit un transport côtier long de 1 100 km environ.

À titre d'essai jusqu'au 31 décembre 2024, les compagnies internationales pourront transporter des conteneurs à destination et en provenance de Dalian, Tianjin et Qingdao à Yangshan. L'essai durera

Jusqu'à récemment, ce voyage n'aurait pas été possible. En Chine, le transport de marchandises entre deux ports chinois est couvert par les règles du cabotage, interdit aux compagnies étrangères même pour le fret en provenance de l’international.

Réciprocité entre l’UE et la Chine ?

L’égal accès aux marchés entre l’Union européenne et la Chine est d’ailleurs un sujet de tension récurrent. Il est actuellement plus facile pour les transporteurs chinois d'accéder aux marchés européens qu’à l'inverse.

Si la législation européenne sur le cabotage exige que seuls les navires battant pavillon d’un État membre puissent participer aux transports, elle s’applique entre les ports d'un même pays. En Chine, les transports intérieurs ne peuvent être effectués que par des navires battant pavillon chinois et appartenant à une société chinoise.

En pratique, cela signifie que Cosco peut investir dans une filiale aux Pays-Bas et exploiter des navires battant pavillon néerlandais entre des ports intérieurs et côtiers, là où une compagnie néerlandaise ne pourrait pas investir dans une filiale en Chine pour exploiter des navires battant pavillon chinois.

De même, les navires battant pavillon chinois peuvent exploiter des feeders entre les ports d'un même État membre européen, mais aussi entre différents pays. La réciprocité ne vaut pas. Pour opérer de façon similaire, la compagnie européenne devra naviguer sous pavillon chinois et être immatriculée en Chine. Un navire battant pavillon danois et appartenant à une compagnie danoise ne peut donc pas charger depuis des ports chinois pour rapatrier le fret vers un grand port de la Chine continentale. Il devrait le faire à partir d’un pays voisin tels la Corée du sud ou le Japon.

Le géant asiatique a lancé une expérimentation pilote de deux ans visant à assouplir certains de ses principes.

A.D