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MPC Container est parvenu aux termes de son marathon pour résoudre ses problèmes de trésorerie à moyen terme. Craignant le dépôt de bilan, le propriétaire norvégien de feeders avait annoncé en juin une levée de fonds. Cotée à Oslo, la maison-mère MPC capital vient par ailleurs de vendre 50 % des parts qu’elle détenait dans la société de gestion de navires Ahrenkiel Steamship à son compatriote Wilhelmsen Ship Management.

Elle devait être à court de liquidités en juillet si elle ne parvenait pas à rentrer de l’argent frais dans un bref délais. Sur les trois premiers mois de l’année, l’entreprise avait affiché une perte nette de 10,7 M$, et ce pour la première fois depuis sa création en 2017. Elle n’avait pas tardé à réagir annonçant le lancement d’une levée de fonds. C’est chose faite. Le propriétaire norvégien de 62 navires s’est recapitalisé à hauteur de 27,5 M$ grâce à un placement privé d'actions, complété par 3,5 M$ via une émission de capital. La société dispose en outre de 12 M$ de liquidités disponibles grâce à des mesures de paiement d'intérêts en nature et/ou au versement du produit de la vente de navires sur le compte de dépôt. 
Basé à Oslo, MPC Container Ships cherchait aussi à modifier les termes de son émission d'obligations de 200 M$. Les détenteurs ont reçu une offre plus avantageuse en échange de l'octroi de clauses de renonciation jusqu'en 2021 et d'une prolongation de six mois de l'échéance de l'obligation, indique l’entreprise. 

MPC Container Ships à court de liquidités dès juillet

 250 navires en propriété

MPC prétend désormais disposer d'une réserve de liquidités à 18 mois jusqu'à la fin 2021, lui permettant d’opérer même si les taux d'affrètement ne s'améliorent pas, indique la direction. Depuis le début de l’année, les efforts déployés n’ont pas suffi. La société avait taillé dans les coûts d'exploitation de sa flotte, réalisé un placement en actions de 13,5 M$ en février et tenté de vendre deux navires. 

De son côté, MPC Capital, la société mère de MPC Container Ships, vient de vendre 50 % des parts qu’elle détenait dans la société de gestion de navires Ahrenkiel Steamship à son compatriote Wilhelmsen Ship Management pour une valeur non divulguée. Les deux parties prenantes ont convenu de regrouper leurs activités de ship management dans une coentreprise appelée Wilhelmsen Ahrenkiel Ship Management. Elle continuera à opérer à partir de Hambourg avec une centaine d'employés pour gérer une flotte de 72 feeders. Avec cet apport, Wilhelmsen Ship Management compte désormais quelque 250 navires. Le groupe de Lysaker n’en est pas à sa première opération de rapprochement avec des armements. La transaction doit encore être soumise aux autorités européennes de la concurrence. La décision est attendue au cours du troisième trimestre de cette année.

MPC et Zeaborn : Fusion dans la gestion de navires

Grandes manoeuvres

MPC Capital s’était également distingué en septembre dernier en annonçant la fusion de ses activités d'affrètement et de gestion de navires avec celles de Zeaborn, groupe maritime brémois qui s'est rapidement développé et constitué par le biais de divers legs si bien qu'il s'est imposé dans le conventionnel, l'affrétement et la gestion de navires. En s’associant, les deux propriétaires allemands de flotte devaient compter parmi les plus grands gestionnaires (ship management) de porte-conteneurs au monde, avec plus de 160 navires de 700 à 8 500 EVP (20 en cours d’équipement de scrubbers), totalisant 500 000 EVP.  Or Zeaborn n’est pas en grande forme, actionnaire de Zeamarine, spécialiste du breakbulk, en grande difficulté. 

A.D.

 

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