Les constructeurs navals français Naval Group et italien Fincantieri ont signé le 14 juin l'accord scellant la création d'une co-entreprise détenue à parités égales. 

La décision s'inscrit dans le cadre du projet (Poseidon) de rapprochement des deux groupes lancé à l'occasion du sommet franco-italien de Lyon en 2017. Le projet visait initialement à créer un « Airbus » de la défense maritime via une prise de participations croisées entre les deux groupes, mais les négociations ayant échoué, l'initiative a été abandonnée au profit de la création d'une société commune décidée en octobre 2018. Les deux acteurs, dont la majorité du capital est aux mains de l'État (60 % pour Naval Group et 70 % pour Fincantieri), doivent répondre ensemble aux appels d'offres de la marine française et italienne.

L'accord a été symboliquement signé vendredi par Giuseppe Bono, le patron de Fincantieri, et Hervé Guillou, à bord de la frégate Frederico Martinengo, dans la ville portuaire italienne de La Spezia sur une base de la navale marine italienne. 

En vertu de cet accord, le siège de la coentreprise sera à Gênes, le centre d’ingénierie à Ollioules (Var). Elle sera dirigée par le Français Claude Centofanti tandis que le conseil d’administration sera présidé par Giuseppe Bono. La gouvernance de l'entreprise commune, telle qu'elle est régie par un pacte d'actionnaires, prévoit un conseil d'administration composé de 6 membres, dont 3 nommés par chaque société. Pour le premier mandat de trois ans, Fincantieri nomme le président et le directeur des opérations, tandis que Naval Group désigne le CEO et le directeur financier.

Elle aura pour cible les contrats à l’export sur le segment des frégates moyennes et lourdes comprises entre 2 000 et 10 000 tonnes, trusté par les Russes et les Chinois. 

Pour rappel, les deux groupes sont aussi associés dans la perspective de la reprise partielle des Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire. Fincantieri doit acquérir 50 % de l’ex-STX France, l'État français conserverait ses 34,34 %, Naval Group détiendrait 10 %, voire plus. Mais les relations franco-italiennes ne sont pas au beau fixe, Rome ayant vivement réagi début janvier à l’annonce de l’ouverture par la Commission européenne, saisie par la France et l’Allemagne, d’une enquête sur le projet en raison de ses craintes en matière de concurrence dans le secteur. 

A.D

Giuseppe Bono, contre vents et marées