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Engagée depuis des mois dans des pourparlers pour obtenir de ses créanciers un rééchelonnement de sa dette et obtenir un financement d’un fonds souverain, la compagnie singapourienne indique que son plan de restructuration est désormais ficelé. Elle a besoin de temps.

PIL a déposé une demande auprès de la Haute Cour de Singapour afin d'obtenir un examen ce qu’elle a convenu avec certains de ses créanciers (arrangement process) parmi lesquels des détenteurs d’obligations. Par cette requête, la compagnie, qui a vendu ces derniers mois navires et actifs pour se désendetter, cherche à gagner du temps et à se mettre à l’abri d'éventuelles procédures de liquidation.

Elle est en pourparlers depuis quelques mois avec la filiale (Heliconia Capital Management) du fonds souverain du pays Temasek afin d’obtenir un financement. Si la juridiction approuve cet « arrangement process » (équivalent singapourien du chapter 11 américain), PIL bénéficierait d’un sursis de quatre mois pour poursuivre ses négociations avec ses créanciers, finaliser les détails du rééchelonnement de sa dette et « s’​assurer une stabilité à long terme », indique pour sa part le président exécutif de PIL, Teo Siong Seng. « Il s'agit d'une protection qui donnera à nos créanciers, aux détenteurs d'obligations, aux banques et aux autres parties intéressées l'assurance que leurs intérêts seront traités de manière équitable et transparente. » Aucune date n'a encore été fixée pour l'audience en justice.

Le plan présenté comprend une facilité de crédit d'un montant de 112 M$ destinée à payer immédiatement ses créanciers et dans un deuxième temps, un ensemble d’aides d’un total de 600 M$, qui serait apporté par le fonds Heliconia. Si cette restructuration n’est pas approuvée, PIL ne pourra pas échapper à la liquidation. 

Rétrogradation

Avec une capacité mondiale de 315 383 EVP, PIL a récemment quitté la liste des dix premiers transporteurs mondiaux de la ligne régulière pour échoir à la 12e place et a ainsi offert sa place à ZIM (318 840 EVP). Trois compagnies tiennent dans un mouchoir de poche – avec une part de marché mondiale similaire de 1,3 % – puisque la chinoise Wan Hai dispose d’une capacité d’un peu plus de 302 000 EVP.

En difficulté depuis deux ans, la compagnie maritime de SS Teo-led s’est délestée ces dernières semaines de plusieurs actifs dont des navires de la classe Kota, construite entre 2017 et 2019. L'armement canadien Seaspan, non exploitant, en a acquis quelques-uns.

A.D.

Un prêt garanti par l'État de 450 M$ pour PIL ?