©MarineTraffic

L’Azburg, un petit navire conventionnel de 9 085 tpl, battant pavillon de la Dominique, était au mouillage à Marioupol lorsqu’il a été frappé par deux obus le 3 avril et a subi le 4 avril des tirs nourris. Le navire a été évacué mais l’opération de secours n’ayant pas pu être entreprise, il a fini par sombrer.

Le ministère ukrainien de l’Intérieur et le service des gardes-frontières ukrainiens ont indiqué qu'un navire au poste d'amarrage 16 dans le port ukrainien de Marioupol avait lancé un appel de détresse signalant que le pont du navire avait été détruit par un bombardement et que le navire prenait l'eau. L'équipage, a priori composé de 12 membres, a réussi à évacuer et a trouvé refuge à bord de navires voisins où ils se trouvaient toujours ces dernières heures. Une personne a été blessée mais a reçu une assistance médicale. En raison des bombardements incessants dans la ville, l’opération de sauvetage du cargo n’a pas pu être immédiatement entreprise. Il a fini par sombrer.

L’Azburg fait partie de la demi-douzaine de navires immatriculés à l'étranger bloqués dans la ville assiégée et encerclée. Ces navires, qui restent avec leurs équipages, sont enregistrés à Malte, en Jamaïque et au Liberia. Le conventionnel avait quitté Burgas, en Bulgarie, le 17 février et était arrivé à Marioupol le 23 février, la veille de l'entrée des troupes russes en Ukraine. 

Deux obus 

Selon les rapports, le navire appartient à une société de transport maritime turque et est géré par entreprise basée à Malte, alors que les informations délivrées côté russe prête au navire une appartenance et un armement ukrainiens. L'agence de presse russe Tass impute la responsabilité à des nationalistes ukrainiens qui, selon elle, sont maintenant piégés dans la zone industrielle du port de la ville. 

L'administration maritime du Commonwealth de Dominique, le registre d’immatriculation du navire, indique pour sa part que L’Azburg « a été frappé par deux obus de missiles le 3 avril et a subi le 4 avril des tirs nourris de la part des forces armées russes après avoir été bombardé intentionnellement deux fois le jour précédent. Les caractéristiques spécifiques des tirs sur le navire restent inconnues. L'équipage a signalé des tirs d'obus, des bombardements et des impacts répétés de missiles, provoquant un incendie dans la salle des machines », indique le rapport du pavillon. 

Haut degré d’urgence 

Le pavillon du navire demande à la Fédération de Russie « de retirer ses forces d'Ukraine et de respecter ses obligations en vertu des traités et conventions internationaux. L'évacuation immédiate de tous les civils du port de Mariupol, y compris l'équipage complet du Azburg, doit être organisée avec le plus haut degré de priorité et d'urgence (...) Les urgences médicales, les opérations de lutte contre l'incendie, les interventions en cas de déversement d'hydrocarbures, l'abandon du navire et la sécurité de la navigation sont actuellement insuffisants, voire impossibles. Nous demandons instamment à toutes les organisations des Nations Unies, aux gouvernements et à la filière du transport maritime de prendre des mesures immédiates pour résoudre ce grave problème pour la sécurité des personnels, de l’environnement et des navires ». 

À l’issue de la 35e session extraordinaire du Conseil de l’OMI, qui s’est tenue les 10 et 11 mars sur les conditions de navigation en mer Noire et en mer d’Azov, des mesures ont été envisagées pour mettre en œuvre des couloirs de sécurité. Une soumission déposée par plusieurs organisations maritimes et les clubs P&I. La mise en pratique reste problématique.

Adeline Descamps