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Il pourra transporter 7 000 voitures, sera principalement propulsé à la voile et devrait être mis en service en 2025. Le transporteur suédois de véhicules a présenté les détails de son projet Orcelle Wind. Les concepts se multiplient dans la propulsion vélique​.

S'appuyant sur le concept Oceanbird, développé par la filiale design du groupe Wallenius Marine, l’armateur suédois a présenté les plans de son grand roulier (220 m de long, 40 m de large) avec la voile pour énergie principale. Il compte le confier à un chantier naval d'ici mi-2022 après appel d’offres. L’idée est de mettre en service son futur fleuron en 2025 sur la route transatlantique. Les essais ont été réalisés et se sont révélés concluants.

Avec une vitesse de 10 à 12 nœuds, le transporteur de véhicules (120 navires) promet une traversée en 12 jours et une réduction des émissions de CO2 de 90 % par rapport aux navires existants les plus sobres, précise-t-il. Une promesse qu’aucun carburant alternatif ne peut garantir aujourd’hui. L’énergie qui alimentera le ou les moteurs auxiliaires n’a cependant pas été précisée.

« Depuis 2008, nous avons pu réduire l'intensité en CO2 de 33 %, ce qui est une étape importante. Mais le chemin vers l'objectif de zéro émission nécessite de grandes avancées. Nous pensons que notre projet en fait partie », vante Craig Jasienski, le PDG de Wallenius Wilhelmsen.

Michelin, client du futur voilier-cargo de Neoline

La voile se démocratise

Le navire présente cinq mâts culminant à 105 m et rétractables à 45 m pour passer sous les ponts. Les voiles, en acier et composite, sont orientables à la commande jusqu’à 360 °. 

Parmi les projets à voile en cours de développement, le concept de Wallenius Wilhelmsen partage quelques principes avec le cargo-voilier Neolinerdéveloppé par Neoline, qui a notamment séduit le constructeur français Renault, sans toutefois jouer dans la même catégorie : chez l’armateur nantais, les cargos-voiliers, dont le premier devrait entrer en service en 2023 et exploité sur une ligne transatlantique, sont beaucoup plus petits avec leurs 136 m de long et leur capacité de transport de 280 EVP, 5 000 t de fret conventionnel ou 1 500 mètres linéaires et 500 voitures.

Aussi, c’est une motorisation diesel-électrique qui est prévue chez le français, de façon à pouvoir faire évoluer, le cas échéant, le navire, avec par exemple l’ajout de batteries voire le tout-électrique pour les chenalages ou encore l’utilisation d’une pile à combustible à hydrogène.

Le Neoliner comporte quatre mâts disposés sur deux rangées. Ce gréement de type « duplex » permet notamment de doubler la surface de voile, atteignant 4 200 m2, sans augmenter le tirant d’air. Les mâts culminent à 67 m mais peuvent être rabattus pour ramener le tirant d’air à 41,5 m, ce qui permet de franchir la plupart des ponts des grands estuaires. La société table sur une vitesse commerciale de 11 nœuds et garantit une réduction de 80 à 90 % de la consommation de carburant.

Neoline, Towt, Alizés : voiliers cargos ou cargos à voile, où en sont-ils ?

Des ailes modulables

Par sa physionomie, le navire de Wallenius Wilhelmsen ressemble au roulier Canopée, porté par Alizés, une joint-venture entre Jifmar offshore services (compagnie aixoise avec une flotte de navires supports à l’offshore) et l’armateur nantais Zéphyr &Borée. Le navire, affrété par Jifmar à la société Alizés, est destiné à transporter les différents éléments constituant le lanceur Ariane 6 de des différents sites de production jusqu’à Kourou, en Guyane, où ils seront assemblés sur le site de lancement. Long de 121 m et large de 23 m, il est équipé de quatre ailes en composite articulées de 33 m de haut totalisant une surface de voile en composites de près de 1 500 m2

Les voiles-ailes seront fournies par Ayro, filiale de VPLP Design, qui avait équipé le navire démonstrateur Energy Observer lors de son tour d’Europe en 2019. Alizés table, grâce aux voiles, sur une consommation réduite, selon les conditions météo, de 30 à 45 % pour le moteur dual-fuel. En décembre, sa construction a été confiée au chantier néerlandais Neptune Marine. La livraison est prévue pour fin 2022. 

Adeline Descamps

 Le vent de la considération va-t-il enfin tourner en faveur de la propulsion à la voile ?