En glissement annuel, à fin septembre, l'armateur avait transporté 2,2 MEVP, ce qui signifiait qu'il avait augmenté ses volumes de 13,1 %. ©DR

 

En dépit d’un environnement commercial volatil, la compagnie israélienne, dixième au classement mondial de la ligne régulière, a réalisé des performances historiques au cours du troisième trimestre. À l’instar des autres transporteurs maritimes de conteneurs. Mais par sa stratégie, qui emprunte des chemins de traverse, elle fait la différence. 

Au troisième trimestre, l’entreprise a poursuivi sa trajectoire « météorite » entreprise en début d’année, engrangeant des performances qui dépassent, pour certains ratios, les premiers du classement mondial. Avec un chiffre d’affaires de 1,012 Md$, ZIM n’avait pas connu pareille fortune depuis huit ans. Et en un an, elle a amélioré ses recettes de 150 M$.

Le 10e transporteur mondial de la ligne régulière, par la capacité conteneurisée (352 301 EVP, 1,5 % de parts de marché mondial), avait particulièrement bien démarré l’année. À l’issue du premier trimestre, malgré une baisse des volumes transportés de 4,5 %, son chiffre d'affaires avait progressé de 3,4 %, à 823,2 M$ grâce à une amélioration des taux de fret moyen par EVP de 7,1 % (1 091 $ contre 1 019 $). Le bénéfice ajusté avant intérêts, impôts et amortissements (Ebitda) avait aussi enregistré une forte croissance de 40,3 %, passant en un an de 69,3 M$ à 97,2 M$. À fin juin, l’armateur israélien présentait un bénéfice net de 25,3 M$ contre 5,1 M$ à la même période de 2019. Son Ebitda s’était alors considérablement apprécié, passant de 170 à 242,3 M$.

 ZIM : un bénéfice en hausse de 394 %

À fin septembre, l’ensemble de ses indicateurs sont à l’avenant. Son bénéfice net – de 144,4 M$ en trois mois – est « un record de tous les temps », s’emporte Eli Glickman, le PDG de ZIM, qui s’attend à ce que les résultats du quatrième trimestre « soient au moins aussi élevés que ceux du troisième trimestre ». À la même époque, il y a un an, il devait de se contenter d’un maigre profit de 5 M$. Le profit s’est donc envolé de 2 818,4 % en un an.

À 262,1 M$, le bénéfice avant impôts (Ebitda) réalise un autre exploit, avec une augmentation de 145,4 % (106,8 M$) par rapport au troisième trimestre 2019. En dépit d’un environnement commercial volatil, l’entreprise ressort de son troisième trimestre avec un cash-flow en hausse de 55,6 %, à 245,1 M$.

La société enregistre ces résultats alors que ses volumes sont en baisse de près de 5,1 % (762 000 EVP contre 725 000 EVP). Elle les doit à des taux de fret moyen par EVP de bonne tenue : 1 176 $ contre 1 009 $ un an auparavant (+ 16,6 %).

Offre décalée

ZIM s’est distinguée ces derniers mois par une offre à contre-courant de ses homologues, misant sur l’e-commerce et des services express. En juin, l’armateur a lancé le service ZIM eCommerce Xpress (ZEX), opéré avec cinq navires d'une capacité de 2 800 EVP et naviguant à une vitesse de 21 nœuds, pour répondre à une demande en fret sensible à la notion du temps et ciblant les e-commerçants chinois qui vendent sur les plateformes américaines. La ligne relie les ports du sud de la Chine Yantian et DaChan Bay à Los Angeles en 12 jours. En octobre, dans la même logique stratégique, il a signé un accord avec Alibaba afin de vendre ses services sur la plateforme logistique d'Alibaba.com, sur laquelle il bénéficie d'une interface directe.

Ces derniers jours, l’israélienne a lancé un autre service express entre la Chine et l'Australie, en scindant son actuel China Australia Express (CAX) en deux boucles afin d’offrir un transit time amélioré, de 12 jours, entre Shanghai et Sydney. La seconde rotation, C2A, permettra à compter du 4 décembre, de relier en 11 jours Yantian à Sydney, via Laem Chabang.

Adeline Descamps

 

Résultats financiers des neuf mois 2020

 Bénéfice net : 157,8 M$ contre une perte nette de 14,2 M$ (p/r à janvier-septembre 2019)

 Chiffre d’affaires : 2,64 Md$, contre 2,47 Md$ (+ 6,4 %)

 Volumes transportés : 2 042 000 EVP contre 2 124 000 EVP (- 3,9 %) 

 Taux de fret moyen par EVP : 1 116 $ contre 1 007 $ (+ 10,8 %)

 Ebitda : 503,4 M$ contre 283,8 M$ (+ 77,4 %)

EBIT : 282,6 M$ contre 108,4 M$  (+ 160,7 %)

Flux de trésorerie (exploitation) : 466,4 M$ contre 281,3 M$ (+ 65,8 %)

 

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