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Dans son rapport d’activité 2019 sur le développement durable, la compagnie suèdoise estime qu’elle sera bien dans la ligne des objectifs de l’OMI pour 2030 et 2050.

« Nous avons 10 ans d'avance sur l’industrie en matière de réduction des émissions de CO2 », peut-on lire dans le rapport sur le développement durable de Stena. L’armateur suédois soutient qu’il a réduit en 2019 ses émissions totales de CO2 de 1,7 %, soit 24 000 t de CO2 non émis au total et déjà atteint les objectifs de l'Organisation maritime internationale (OMI) pour 2030, à savoir baisser de 40 % la quantité de CO2 émise par volume transporté en 2030 par rapport à 2008 et de 50 % les émissions globales de la flotte mondiale (indépendamment de la croissance de celle-ci). Le document indique en outre que les propriétaires et exploitants de ferries auraient baissé de 3,6 % leurs émissions de CO2 par tonne de fret transportée et par véhicule de passagers à bord de leurs navires. Et de fait, le secteur « aurait dix ans d’avance sur l’industrie ».

Pour ce qui le concerne, Stena attribue cette situation à la mise en service de navires plus efficients sur le plan énergétique et à son Stena Fuel Pilot, une technologie qui, en optimisant l’exploitation d’un navire, permettrait de réduire la consommation annuelle de carburant et ses émissions de CO2 de 2,5 % par tonne/km. 

La compagnie a réceptionné en fin d’année dernière le premier E-Flexer, équipé notamment de cette technologie (Stena Estrid, pour la ligne Holyhead - Dublin) d’une série de 9 ro-pax (initialement) commandés au chantier naval AVIC Weihai. Trois d’entre eux sont affrétés à Britanny Ferries (les Galicia, Salamanca et Santoña, ces deux derniers au GNL seront livrés entre 2021 et 2023 ) et un à DFDS (Côte d’Opale, 2021). Par unité transportée, ils peuvent réduire les émissions de CO2 d'environ 25 % par rapport à un navire de conception standard. Dans le rapport, l’armateur indique « explorer et étudier » en parallèle des modes de propulsion alternatifs, notamment le méthanol et la pile à combustible.

Le rapport de Stena sur ses émissions et consommations

Solutions d’avenir plébiscitées

D’après une récente enquête menée par la société de classification maritime américaine ABS, deux tiers des personnes interrogées ont admis ne pas avoir mis en place de stratégie de décarbonation pour respecter l’échéance du transport maritime d’ici à 2050. Cette étude rélévait en outre que 60 % des armateurs considèrent l'hydrogène et l'ammoniac comme les meilleures options de carburant à long terme tandis que le GNL était perçue à court terme comme la réponse la plus efficiente. DNV GL estime pour sa part qu'en 2030, l’hydrogène issu de l'électricité sera presque trois fois plus cher que le VLSFO à 0,1 %. L'ammoniac, quant à lui, serait un peu plus de trois fois plus cher et l'hydrogène liquéfié légèrement plus cher que l'ammoniac.

Selon la base de données européenne Thetis-MRV mise en ligne pour la première fois le 30 juin 2019, les navires escalant dans les ports de l'UE avaient émis 142,15 Mt de CO2 en 2018. Pour rappel, ce sont les compagnies maritimes qui introduisent les données dans le système, vérifiées ensuite.

A.D.