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L’armateur allemand va investir 1 Md$ pour financer ses six nouveaux porte-conteneurs de 23 500 EVP, commande passée aux dernières heures de 2020 auprès du constructeur sud-coréen DSME. Le montage financier n’était alors pas complètement ficelé et devait être précisé. Il en financera une partie par le crédit syndiqué vert.

En décembre, à l’issue d’une saison qui aura duré près d’un an rythmée par les hésitations et les tâtonnements, l’armateur allemand avait finalement confirmé la commande pour six porte-conteneurs de 23 500 EVP à motorisation hybride avec le GNL. Il mettait ainsi fin à un suspens, entretenu par des bruits persistants tout au long de l’année. C’est au chantier naval sud-coréen DSME qu’a échue la commande. 

La livraison des premières unités, qui seront toutes déployées sur les lignes entre Europe et Asie (services FE) dans le cadre de THE Alliance (Hapag-Lloyd, One, HMM, Yang Ming), est prévue pour l’année 2023, entre avril et décembre. L’armateur allemand évoquait en fin d’année un investissement d’1 Md$ suivant un montage financier qui restait à ficeler.

Hapag-Lloyd commande six porte-conteneurs de 23 500 EVP

Syndication de 11 banques

Il a annoncé le 8 février avoir contracté un prêt syndiqué de 417 M$ et un crédit-bail de 472 M$. Les deux opérations sont conformes aux principes de prêt vert de la Loan Market Association (LMA), dont les exigences et conditions ont été certifiées par DNV GL.

D’une durée de 12 ans, le crédit vert syndiqué de 417 M$ sera utilisé pour financer trois des six navires. La facilité de crédit est garantie par la Korea Trade Insurance Corporation (K-SURE) et la syndication est composée de 11 banques. La KfW IPEX-Bank et BNP Paribas ont été chargées, en chefs de file, de la structuration et de la coordination de la transaction. 

Objectifs vérifiables

Comme son nom l’indique, le prêt syndiqué est contracté auprès de plusieurs organismes financiers de façon à partitionner l’emprunt entre différents acteurs et répartir le risque. Rechercher et fédérer les prêteurs relève en règle générale d’un seul chef de file, mission souvent confiée à une seule banque ou un seul établissement financier. En principe, chaque participant est libre de fixer ses propres conditions concernant le montant prêté, les modalités de remboursement et les garanties associées.

Ces modalités rendent d’autant plus intéressants les financements verts. Car le taux d'intérêt peut par exemple être ajusté en fonction de la capacité à atteindre les objectifs de verdissement. Les efforts environnementaux sont ainsi récompensées ou sanctionnés. Les objectifs sont vérifiables pour les investisseurs. La syndication de crédit n’est envisagée que pour des opérations financières importantes et est plutôt bien adaptée pour les industries qui ont un fort impact environnemental.

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Le chinois IBCB pour le crédit-bail

Le financement par crédit-bail des trois autres unités (472 M$) s’étend sur une durée de 17 ans, y compris le financement de la phase de construction, et a été structuré par l'Industrial and Commercial Bank of China Leasing (ICBC Leasing). 

« Nos premiers financements verts sont une étape importante pour nous car nous innovons dans le domaine du transport maritime par conteneurs en finançant des projets de nouvelles constructions axés sur la transition énergétique. Ces transactions nous aideront à moderniser notre flotte tout en réduisant davantage notre empreinte carbone », a justifié Mark Frese, directeur financier de Hapag-Lloyd, dans le communiqué. Grâce aux moteurs bicarburants prêts à être convertis au GNL, Hapag-Lloyd estime être en mesure de réduire les émissions de CO2 d'environ 15 à 25 %.  

Hapag-Lloyd n’est pas le seul à avoir opté pour cette forme d’emprunt. L’armateur japonais NYK vient d’y avoir recours pour un prêt libellé en dollars (50 M$) après y avoir souscrit pour un précédent en yens en novembre 2019.

Adeline Descamps