L'armateur israélien a enregistré une croissance du volume transporté durant les six premiers mois de l’année de 16,9 % soit 1,47 MEVP.

 

Le 10e transporteur maritime mondial (selon Alphaliner), avec 1,8 % de la capacité mondiale, a vu ses pertes se creuser considérablement entre le premier semestre 2017 et 2018. En dépit d'un volume de conteneurs transportés et un chiffre d'affaires en hausse. Environnement dégradé. Volatilité et instabilité du secteur en cause...

 

L’instabilité et la volatilité ont créé un environnement commercial difficile et ... contribué à détériorer ses résultats, justifie l’armateur israélien ZIM, qui a récemment publié ses résultats financiers au titre du premier semestre 2018.

Le 10e transporteur maritime mondial (selon Alphaliner), avec 1,8 % de la capacité mondiale, a vu ses pertes passées de 4,1 M$ au premier semestre 2017 à 67,3 M$ (57,08 M€) durant les six premiers mois de l'année.

« Entre le second semestre 2016 et le troisième trimestre 2017, les taux de fret et les prix du carburant ont progressé. Dès le quatrième trimestre 2017, les taux de fret ont reculé alors que le prix des soutes ainsi que les taux d'affrètement ont continué à progresser. Du coup, le secteur s'est trouvé affecté par cette tendance au cours des deux premiers trimestres de l'année 2018 », retrace Eli Glickman, président de ZIM, dans un communiqué.

Ce début d'annnée s'inscrit plutôt dans les mêmes conditions de marché, justifie-t-il. « Le deuxième trimestre 2018 a été caractérisé par la hausse continue des prix du carburant et des taux d'affrètement, ainsi que par de faibles taux de fret. L’ensemble de ces facteurs ont impacté les résultats des transporteurs, y compris ZIM ». 

Pour autant, le transporteur estime que le marché reste dynamique. Il a en effet enregistré une croissance du volume transporté durant les six premiers mois de l’année de 16,9 % soit 1,47 MEVP, dont 772 000 EVP sur le seul deuxième trimestre 2018.

Mieux que son marché 

ZIM peut compter sur chiffre d’affaires en progression de 11 %, à 1,554 M$ (1,28 Md€) à l’issue de cette première partie de l’année. En revanche, sa rentabilité se dégrade. Son ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, BAIIA en français) est passé en un an, de juin 2017 à juin 2018, de 114,1 M USD à 34,3 M USD. Une variation que l'entreprise ne commente pas dans le détail. Enfin, il est passé d’un bénéfice net de 2,3 M$ enregistré au second trimestre 2017 à un déficit de 33,2 M$ (28,51 M€) cette année à période comparable. Les flux de trésorerie liés à l'exploitation ont atteint 110,5 M$ (94,91 M€) contre 122,7 M$ au premier semestre 2017.

« Malgré ces circonstances défavorables, nous avons été en mesure de maintenir un service de qualité auprès de nos clients et d'enregistrer une marge d’exploitation ajustée supérieure à la moyenne de notre secteur », ajoute Eli Glickman, qui estiment que les incertitudes dans le commerce mondial continueront d'affecter l'environnement du marché.

Alliances en armotisseurs

Comme beaucoup d’armateurs, le dirigeant croit aux effets bénéfiques des alliances maritimes, en tant que levier pour optimiser l’exploitation grâce aux synergies dégagées. L’Israélien a annoncé tout récemment avoir signé un accord pour sept ans avec Maersk et MSC (alliance 2M) sur le segment Asie - côte Est des États-Unis pour partager des espaces sur cinq services. 2M opérait jusqu’à présent cinq services et Zim deux. Le partenariat va permettre à la compagnie israélienne d'augmenter les siens de 2 à 5. Il doit entrer en vigueur ce mois de septembre.

« Cet accord devrait apporter des gains d'efficacité et des économies considérables, ainsi qu’une amélioration de nos services ».

Selon Alphaliner, l'accord entre 2M et Zim va se traduire par une réduction de capacités, qui passeraient de 53 900 à 45 500 EVP sur les 7 lignes opérées par Maersk et MSC, d'une part, et l'armateur israélien d'autre part. Cela devrait libérer 18 porte-conteneurs (11 appartenant à Maersk, 1 à MSC et 6 à Zim). Au total, le nombre de liaisons hebdomadaires sur le marché Extrême-Orient/États-Unis côte Est s'établira à 18 contre 25 comparé à 2015. Quant à la capacité, les navires devraient afficher une moyenne de 9 000 EVP bien supérieure à son niveau de 2015, alors de 5 750 EVP.

Pour rappel, Zim n'est pas le premier partenaire de l'alliance mondiale 2M. Non membre de l'alliance, le coréen HHM coopére avec Maersk et MSC sur certains services. L'armateur asiatique avait annoncé vouloir remettre sur le marché un service Extrême-Orient-États-Unis/Côte Est dès 2020 ou 2021, dans le cadre d'un plan de redressement.

--- Adeline Descamps --- 

 

 

ZIM : L'essentiel en données

 - Le chiffre d'affaires total s'est élevé à 1,554 Md$ (1,28 Md€) contre 1,400 Md$ au premier semestre 2017 = + 11 %

- 1 470 000 EVP transportés : + 16,9 % dont 772 000 EVP au deuxième trimestre 2018, comparativement à 659 000 EVP pour la même période de 2017 : + 17,1 %

-  Le taux de fret moyen par EVP était de 922 $, contre 981 $ au premier semestre 2017 : - 6%

- L’Ebitda (excédent brut d’exploitation) s'est établi à 34,3 M$, comparativement à 114,1 M$ au premier semestre 2017

- La perte nette s'est élevée à 67,3 M$ (57,08 M€) contre une perte nette de 4,1 M$ au premier semestre 2017 

 - Les flux de trésorerie liés à l'exploitation ont atteint 110,5 M$ (94,91 M$) contre 122,7 M$ au premier semestre 2017