©Grain de sail

 

Les chocolatiers ont choisi une goélette pour se fournir en matières premières aux Caraïbes. Chargée de vins français à l’aller et de café et cacao au retour, elle conjugue promotion et transport. Ses propriétaires comptent bien lui donner des « sisterships ». 

C’est une expérience qui rappelle celle que menèrent les chocolats Menier qui avaient fait construire le Belem pour transporter leur cacao. Grain de Sail, qui a produit 500 t de chocolat en 2019, disposera l’an prochain d'un atelier plus spacieux de 2 500 m2 à Morlaix dans lequel l’entreprise a investi 5,5 M€. Mais c’est pour un autre investissement que le fabricant a attiré l’attention médiatique. Elle a mis à l’eau le 9 octobre dernier au port de Lorient une goélette-cargo, un navire de 24 m de long, coque aluminium, quille de 13 t en plomb, deux mâts de 25 m, construit par les chantiers Alumarine à Couéron en Loire-Atlantique. D’une capacité de 50 t de fret, le Grain de Sail – ce qui laisse présager des successeurs –, incarne la volonté des propriétaires de la chocolaterie Jacques et Olivier Barreau d’instaurer une filière de transport équitable. 

Entre 35 et 40 t de cacao

La goélette appareillera en principe cette semaine, sauf météo contraire, les cales chargées de 14 500 bouteilles de vin issu des régions françaises. Elle traversera l'Atlantique pour rejoindre New-York, où elle débarqura sa marchandise. Après quelques jours d'escale à l'ombre des tours de Manhattan, où devrait se tenir une opération de promotion à l'intention des cavistes et restaurateurs, le cap sera mis sur les Caraïbes et la République Dominicaine. Le cargo reviendra avec un chargement de matières premières pour ses propres besoins, cacao prêt à l'emploi, entre 35 et 40 t, et du café.

Trois à cinq semaines

Le voyage est prévu sur trois à cinq semaines, l'arrivée est prévue pour la mi-février. Après un passage à Saint-Nazaire, seul port du grand ouest actuellement habilité à recevoir des produits bio. Le Grain de Sail et son équipage de quatre marins, trois hommes et une femme, se dirigera alors vers Saint-Malo. Car Morlaix, bien que des travaux de désenvasement aient été effectués, ne peut recevoir la goélette-cargo et ses 4,20 de tirant d'eau qu’en cas de forts coefficients de marée. 

Cette opération servira de test. Les promoteurs ont d'ores et déjà dans leurs cartons des projets pour des navires de 50 m de long et des capacités d'emport de 250 t.

Gérard le Brigand

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