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Étant donné la vigueur du marché à terme et le manque général de navires disponibles, la flotte de Flex LNG, qui compte 13 méthaniers, ne connaît pas le sous-emploi. Ils sont tous affrétés pour une durée minimale de trois à cinq ans. Forte demande et prix élevés pour le GNL compte tenu de la crise énergétique mondiale, résume le dirigeant.

La situation sur les marchés de l'énergie a atteint son paroxysme avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février. Depuis, les prix déjà élevés de l'énergie n'ont cessé d'augmenter bien que très volatlis. Afin d'éviter une interruption de l'approvisionnement en gaz par la Russie, qui figure parmi les grands fournisseurs mondiaux – 40 % des approvisionnements en gaz de l'Europe – les pays européens qui en dépendent fortement s’affairent pour s’en affranchir au plus vite. En raison de la faible substituabilité du gaz par d'autres sources d'énergie, le gaz doit être acheté auprès d'autres sources pour garantir l'approvisionnement. L'une des rares options dont ils disposent pour se procurer à court terme des quantités supplémentaires de gaz sur le marché mondial est d'acheter du GNL.

Difficile sur le marché spot

Dans un tel contexte, il ne serait nullement surprenant que les acteurs composant la chaîne d’approvisionnement du GNL en tirent profit. Or, cela ne transparait pas encore complètement dans les résultats des opérateurs de méthaniers. C’est le cas de Flex LNG, qui vient de présenter les résultats du premier trimestre. 

« Le premier trimestre a été une période fantastique avec une forte demande et des prix élevés pour le GNL compte tenu de la crise énergétique mondiale. Pour le marché du fret spot, le premier trimestre a cependant été difficile car le commerce du GNL s'est brusquement déplacé vers l'Europe, ce qui a entraîné une réduction des distances de navigation et donc une plus grande disponibilité des navires, ce qui a pesé sur l'économie du fret » explique Øystein Kalleklev, le PDG de Flex LNG. 

Changement d’orientation fin février

Le marché a toutefois changé d’orientation à la fin du mois de février et les taux spot pour des méthaniers récents sont revenus au-dessus de la moyenne saisonnière, tandis que les taux d'affrètement à temps d'un an et de trois ans restent à un niveau élevé. « Cela prouve que les affréteurs sont prêts à payer une prime substantielle par rapport aux taux spot afin de verrouiller les grands navires économes en carburant sur des périodes plus longues, alors que le marché à terme s’avère beaucoup plus serré au second semestre de l'année. »

Au cours des 13 derniers mois, la compagnie a signé neuf contrats d'affrètement à temps fixe (sa flotte compte 13 méthaniers, parmi lesquels les Flex Volunteer et Flex Aurora, quatrième et cinquième navire affrété par Cheniere) d’une durée minimale de trois à cinq ans. Trois autres unités doivent être libérées au cours des 23 prochains mois.

93 % de la flotte affrétée

« Étant donné la vigueur du marché à terme et le manque général de navires disponibles, nous sommes optimistes quant aux perspectives de re-contracter ces navires à des conditions attractives », assure le dirigeant. Au premier trimestre, le taux moyen d'affrètement à temps a cependant été largement inférieur à celui du précédent trimestre, de 62 627 $ par jour pour le premier trimestre 2022, contre 95 908 $.

Flex LNG a réalisé un chiffre d’affaires de 74,6 M$ pour les trois premiers mois de l’année (versus 114,6 M$ au quatrième trimestre 2021) et un bénéfice de 55,8 M$ (69,4 M$ pour le trimestre précédent). Sa flotte – les Flex Ranger, Flex Rainbow, Flex Endeavour, Flex Enterprise, Flex Constellation, Flex Courageous, etc.–, affiche une couverture contractuelle de 98 % pour l'année. 

Adeline Descamps