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Dans les sept grands ports maritimes français et Calais, les résultats de trafic du dernier trimestre de 2019 sont tous dans une gamme de couleurs proche du rouge vermillon. Mais sans doute faut-il lire ces données sans trop d’inquiétude par rapport à ce qu’elles seront au cours du premier trimestre 2020 après avoir enregistré le choc de près de deux mois de grève et d’une épidémie planétaire.

Au quatrième trimestre 2019, avec 74,68 Mt, le tonnage total de fret transitant par les principaux ports métropolitains a baissé de 8 % par rapport à la même période il y a un an (– 8,5 % en entrées et – 7,1 % en sorties). Le trafic des marchandises conteneurisées a diminué de 11,7 % et celui du roulier de 7,1 %. Les volumes transitant dans les ports ont diminué pour Marseille (– 5,8 %, 18,84 Mt), Le Havre (– 19,7 %, 14,7 Mt), Calais (– 9,7 %, 10,33 Mt) Nantes– Saint-Nazaire (– 9,7 %, 7,83 Mt) et Bordeaux (– 2 %, 1,69 Mt). Seul Rouen affiche un trafic en hausse de 4,5 % (6,1 Mt). Dunkerque (12,7 Mt, + 0,1 %) et La Rochelle (2,4 Mt, + 0,4 %) sont stables.

À l’entrée (marchandises débarquées à terre), la chute a concerné tous les types de fret entrant dans les principaux ports de métropole, mais a été particulièrement brutale pour les vrac solides (– 20,9 %) et les marchandises diverses (– 9,1 %). Le repli est stabilisé pour les liquides (– 3 %). Dans la catégorie des diverses, le fret conteneurisé a diminué de 11,2 % et celui des rouliers de 7,8 %.

En sorties (fret embarqué sur les navires), les ports n’échappent pas à la déconfiture (– 7,1 %) sous l’effet des baisses à la fois du vrac liquide (– 25,8 %) et des marchandises diverses (– 7,7 %), qui représentent près de 60 % du total de marchandises sortant de l’Hexagone. Les vracs solides, quant à eux, ont augmenté de 19 % par rapport au 4e trimestre 2018.

In fine, trois grands types de fret ont été concernés par des baisses au cours des trois derniers mois de l’année : – 7,4 % pour les vracs liquides, – 8,6 % pour les vracs solides et – 8,3 % pour les marchandises diverses. Dans cette dernière catégorie, les conteneurs accusent le coup (– 11,7 %) atteignant le niveau le plus bas au cours des cinq derniers trimestres. Le roulier n’échappe pas au mouvement (– 7,1 %).

Les résultats du service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique pour le premier trimestre 2020 devraient être autrement plus alarmants. Encaisser une grève de près de deux mois et une épidémie planétaire reste assez inédit dans l’histoire portuaire française.

Adeline Descamps

Infographie réalisée par Pixel pour le JMM