Le surcoût d'une propulsion au GNL par rapport à une motorisation conventionnelle pour un très gros transporteur de brut (VLCC) serait d'environ 20 M$. Il faut compter quelque 2 M$ de plus pour préparer le navire à un futur rétrofit à l'ammoniac, a estimé la société de classification DNV.

DNV croit à l’ammoniac et à son potentiel en tant que combustible pour les navires. La société de classification fut l’une des premières à créer une notation spécifique sur l’ammoniac dont a été crédité en avril 2021 le norvégien Höegh Autoliners pour sa nouvelle classe de transporteurs de voitures. Depuis, elle a accordé plusieurs AiP pour la conception de navires fonctionnant à l'ammoniac, tout en coopérant avec le motoriste MAN Energy Solutions pour le développement en toute sécurité de son moteur à deux temps fonctionnant à l'ammoniac, qui devrait être commercialisé en 2024.

Dans le cadre d’un projet industriel conjoint, DNV et ses partenaires (dont TotalÉnergies et Samsung Heavy Industries) ont planché sur la configuration à l’ammoniac d’un VLCC à la motorisation hybride avec le GNL. L'étude a porté sur un VLCC de nouvelle génération, supposé opérer sur la route entre le Moyen-Orient et l'Asie à partir de 2024 à une vitesse de 13 nœuds.

Les travaux ont mis en évidence « cinq éléments clés à prendre en compte pour la conversion d'un navire hydride au GNL à l’ammoniac ». Le système d'alimentation en gaz devra être entièrement repensé tandis que des modifications devront être apportées aux réservoirs, au moteur principal, aux groupes électrogènes et aux systèmes de sécurité.

Autonomie limitée

Selon la société de classification, la densité énergétique de l'ammoniac étant nettement inférieure à celle du GNL, l'autonomie du navire s'en retrouve aussi limitée.

In fine, il ressort que le surcoût d'une propulsion au GNL par rapport à une motorisation conventionnelle pour un très gros transporteur de brut (VLCC) serait d'environ 20 M$. Il faut compter quelque 2 M$ de plus pour préparer le navire à un futur rétrofit à l'ammoniac.

Auteur du livre blanc Ammonia as a marine fuel, DNV vient par ailleurs d’être sélectionné pour mener une étude sur le soutage à l'ammoniac à Singapour (potentiel de la demande, recommandations de sites de soutage, modes de soutage directives techniques et opérationnelles).

Alors que l'ammoniac serait l'un des carburants les plus prometteurs pour décarboner le transport maritime, les lacunes en matière de sécurité restent un frein. Cette étude doit permettre de les lever. 

La rédaction