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La forte demande de capacités et de conteneurs, dans un contexte de pénurie, a incité les transporteurs à déployer tous les porte-conteneurs disponibles. Les compagnies maritimes se font même concurrence sur le marché de l'affrètement, tandis que certaines remettent même à plus tard le passage en cale sèche.

Selon la dernière note hebdomadaire d'Alphaliner, la flotte inactive* s'élève désormais à 167 unités pour 631 661 EVP, ce qui représente 2,7 % de la flotte cellulaire totale. Le nombre de porte-conteneurs sans emploi était encore au nombre de 375 en juillet. Avec l’équivalent de 1,85 MEVP retirés du marché, la flotte inactive représentait alors 7,9 % du total.

La flotte de conteneurs inactive, composée de navires à la fois sous le contrôle de transporteurs et d'un propriétaire exploitant (NOO), s'élevait à 81 unités pour 250 964 EVP, soit 28 % de la capacité totale inactive. Le nombre de navires retirés du marché pour entretien était estimé à 86 unités pour 380 697 EVP.

Les navires polyvalents en renfort des porte-conteneurs

Le tonnage disponible pour l'affrètement s'est tari pour toutes les tailles de navires, indique par ailleurs Alphaliner, en particulier pour la catégorie des plus de 5 100 EVP. Ils sont en outre 26 unités de cette taille à être actuellement en cale sèche.

Les taux d'affrètement des porte-conteneurs de petite et moyenne taille (800 à 3 500 EVP) continuent de grimper en flèche en raison de la pression constante du marché, là où l'offre continue de diminuer, indique aussi le spécialiste de la ligne régulière, qui évoque dans certains cas, des hausses supérieures de plusieurs milliers de dollars par jour à ceux d'il y a quelques semaines.

Pour exemple, un porte-conteneur de 1 700 EVP a été prolongé en Asie pour un affrètement de neuf mois à 15 750 $/j, soit un taux supérieur de près de 2 500 $ à celui qu'un navire comparable pourrait fixer dans la même zone au début du mois de novembre. Dans l'Atlantique, un navire de 1 496 evp a été négocié à 11 250 $/j pour un affrètement de six mois, soit 8 800 $ que le tarif convenu par un de ses sistership il y a un mois.

Marché haussier

En attendant, les plus grandes tailles (4 000 EVP et plus) sont épuisées, ce qui limite le volume d'activité mais mettent les négocations en surchauffe pour le début d’année.

« Dans l'ensemble, les perspectives du marché de l'affrètement restent prometteuses pour les NOO à court et moyen terme, en raison d'une offre de tonnage toujours limitée. Les transporteurs continuent de bénéficier de volumes de fret élevés sur la plupart des routes, ce qui devrait soutenir le marché une bonne partie de l'année 2021. Seule une augmentation récente du prix du pétrole crée un certain degré d'incertitude, mais sa hausse modeste ne devrait pas inquiéter les compagnies maritimes de ligne, pour l'instant », souligne l’analyste.

La rédaction

*La flotte inactive comprend tous les navires cellulaires de 500 EVPou plus qui sont commercialement inactifs pendant au moins sept jours.