C’est un effet d’optique. La surenchère des commandes en fin d’année ne doit pas être interprétée comme telle. Les profits dégagés par les transporteurs au cours d’une honorable année 2020 vont être alloués à la structure du capital, assure le consultant maritime. 

Contrairement aux apparences – cascade de commandes en fin d’année portant notamment sur des très gros-porteurs – les compagnies maritimes n’entendent pas utiliser les profits d’une année 2020 honorable grâce à des taux de fret au plus haut et à une demande de transport qui explose, pour se lancer dans des dépenses inconsidérées, assure le consultant maritime Alphaliner. Point de commandes et d’opérations de croissance externe. Mais de l’allocation utile. « Les transporteurs utilisent les revenus générés par le marché en plein essor pour réorganiser leur structure de capital et réaménager leur dette ».

Hapag-Lloyd, qui a augmenté son bénéfice net de 80 % au cours des neuf premiers mois de l'année, a choisi en novembre de rembourser 150 M€ de ses obligations à 5,125 % arrivant à échéance en 2024. « Un cash-flow opérationnel positif et le remboursement des dettes financières pour le financement des navires ont permis au groupe de réduire la dette nette de près de 13 % à 5,13 Md$ entre janvier et septembre, soit une réduction de 747 M€ », indique Alphaliner.

Hapag-Lloyd annonce un bénéfice d'exploitation de 2,7 Md€ en 2020

CMA CGM en train de rembourser son PGE ?

Entre le 1er janvier et le 30 septembre, CMA CGM a réduit ses emprunts et ses dettes de location de 19,5 à 18,5 Md€. Le groupe marseillais a remboursé sa dette obligataire, « mais de manière plus urgente », précise Alphaliner. Le transporteur a émis 525 M€ d'obligations non garanties à un prix d'émission de 97,848 % afin de refinancer celles à échéance cette année. Il serait, selon la Lettre A, en train de rembourser par anticipation le prêt de 1,05 Md€ garanti par l'Etat à hauteur de 70 % obtenu en mai 2020 auprès de BNP Paribas, HSBC et Société générale. Celui-ci comportait une échéance initiale d'un an avec une option d'extension jusqu'à cinq années additionnelles.

CMA CGM obtient un prêt garanti par l'État de 1,05 Md€

Maersk assise sur une trésorerie de 3 Md€

Le leader mondial de la ligne régulière Maersk est déjà engagé depuis un certain temps dans le programme de rachat d'actions de longue date, visant à distribuer la valeur des actions Total reçues dans le cadre de la vente de Maersk Oil. La dernière tranche de ce programme ne s'achèvera pas avant février 2022.

Disposant d’un flux de trésorerie de 3 Md$, la compagnie est toutefois en position de rembourser sa dette, tombée à 10,8 Md$ fin septembre, contre 11,7 milliards en janvier 2020.

A.D.

Aides d’État : quelles compagnies y ont goûté ?