Les dispositions temporaires, en raison de la crise sanitaire, qui permettaient aux marins d’aller au-delà du temps légal de travail, seront interdites à compter du 28 février 2021, a annoncé l'Autorité australienne de sécurité maritime (AMSA).

Nouvel épisode dans la longue crise des changements d’équipage. En vertu de la Convention du travail maritime, la période maximale pendant laquelle un marin peut servir à bord d'un navire ne peut excéder 11 mois. En raison des restrictions des déplacements consécutis à la fermeture des frontières, l’Autorité australienne de sécurité maritime (AMSA) avait autorisé des dérogations provisoires afin de ne pas entraver le transport des marchandises. Elle vient de publier un avis, indiquant un retour aux exigences internationales. Il sera appliqué à partir du 28 février 2021. 

L'AMSA a interdit au moins quatre navires cette année pour des « infractions graves » à la Convention du travail maritime, y compris des équipages sous-payés. Selon l’autorité, les exploitants de navires ont eu suffisamment de temps pour s'adapter aux conditions sanitaires et élaborer des procédures de façon à assurer le rapatriement des marins et le transfert des équipages.

Crise sur crise

Cette décision intervient alors que les conclusions d'un nouveau rapport de l'Université maritime mondiale (UPM) soulignent « des défaillances systémiques dans la mise en œuvre du régime réglementaire relatif aux heures de travail et de repos des marins, qui sapent la crédibilité des réglementations internationales relatives aux heures de travail. »

Malgré les appels lancés par les organisations représentatives du transport maritime auprès des autorités pour qu'elles désignent les marins comme des travailleurs clés afin de faciliter leur rapatriement conformément aux conventions internationales, l'appel est resté sans voix. Certains États du pavillon, comme Singapour, ont été plus proactifs que d'autres.

Avec la décision australienne, on peut désormais envisager que les inspecteurs des Affaires maritimes de l'État du port bloquent des navires parce que les temps légaux sont dépassés.

La rédaction

Photo : Ils sont peu nombreux, ces États à avoir assoupli leurs réglementations pour permettre le transit des travailleurs dits essentiels que sont les marins. La Cité-État en fait partie. ©Wilhensen