L’un des plus grands développeurs au monde de parcs éoliens et la compagnie pétrolière britannique vont produire de l’hydrogène renouvelable à la raffinerie de Lingen au nord-ouest de l'Allemagne. Le projet, qui devrait être opérationnel en 2024, comprendra un électrolyseur de 50 MW alimenté par des éoliennes.

Est-il encore besoin de présenter la star des énergies de demain tant elle occupe le devant de la scène médiatique et crée une espèce d’effervescence dans les projets. Il reste pourtant beaucoup à faire pour que l’hydrogène puisse s’imposer comme une alternative compétitive aux énergies fossiles. Elle a de nombreuses vertus mais il faudra, pour en bénéficier, s’affranchir de quelques vices. L’hydrogène reste majoritairement « grise ». 95 % des 60 Mt de l’hydrogène produits dans le monde chaque année sont des sous-produit des énergies fossiles (soit par la gazéification du charbon soit par le prélèvement dans le gaz naturel ou le pétrole en raffinerie).

Une des technologies pour produire de l’hydrogène vert est celle de l’électrolyse. Un electrolyseur permet de produire de l’hydrogène sans CO2 mais surtout quand il est connecté à un source d’énergie renouvelable, comme l’éolien ou des panneaux photovoltaïques par exemple, l’électricité peut être convertie en hydrogène et l’énergie et devient alors stockable. Les coûts d’investissement sont très élevés mais c’est néanmoins le moyen ultime et principal de stocker en masse et en puissance des énergies intermittentes. La filière de l’électrolyse devient donc un enjeu et a fortiori parce que la Chine y exerce un leadership. 

À terme, matière première pour du carburant synthétique

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Lingen Green Hydrogen porté par Ørsted et BP. Pour produire de l’hydrogène vert, les deux partenaires s’appuient sur un électrolyseur de 50 mégawatts (MW) capable de produire une tonne d'hydrogène renouvelable par heure, soit près de 9 000 t par an. Cela suffirait à remplacer environ 20 % de la consommation actuelle d'hydrogène d'origine fossile de la raffinerie, évitant ainsi l'émission d'environ 80 000 t d'équivalent CO2 par an. C’est ce qu’indiquent les deux promoteurs du nouvel investissement. L'électrolyseur sera alimenté par un parc éolien offshore de la mer du Nord d’Ørsted.

Le projet vise également une ambition à plus long terme : fournir de l'hydrogène renouvelable pour répondre à la fois à la totalité de la demande d'hydrogène de la raffinerie mais aussi alimenter la future production de carburant synthétique, ce qui exigerait une capacité de production d'hydrogène renouvelable de plus de 500 MW. 

Demande de financement de l'UE

Les partenaires ont conjointement demandé un financement auprès du Fonds européen d'innovation, programme de financement pour les technologies innovantes à faible teneur en carbone et fléché vers les industries à forte intensité énergétique.

A.D.

Photo ©BP