La compagnie bretonne reporte la réouverture de certaines de ses liaisons maritimes entre la France et la Grande-Bretagne ainsi qu’entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. Le maintien des restrictions et l’absence de perspective quant à un assouplissement l’en dissuadent.

Quatre navires initialement désarmés jusqu’à fin mars resteront finalement à quai jusqu’à la mi-mai, au plus tôt. Du fait du maintien des restrictions imposées des deux côtés de la Manche avec une autorisation limitée aux seuls voyages essentiels et de l’absence de visibilité quant à un éventuel assouplissement, la compagnie bretonne prend les devants et ajourne son programme initialement prévu. Les conditions sanitaires et l’absence de directives claires et concertées entre les États ont irrémédiablement confiné les opérateurs du ferry, comme de la croisière, au rang d’observateurs impuissants. 

Le nouveau plan de flotte prévoit l’annulation des rotations, à partir du 22 mars du Barfleur (Cherbourg/Poole), du Bretagne (St Malo/Portsmouth), du Cap Finistère (Portsmouth/Bilbao et Portsmouth /Santander) et du Pont-Aven (Roscoff/Plymouth ; Plymouth/Santander et Roscoff/Cork). 

Rencontres parlementaires : quel avenir immédiat pour le transmanche ?

Lignes pas viables

Les six autres navires sont maintenus sur leurs routes. « Nous regrettons sincèrement les perturbations que ces annulations vont entraîner pour nos clients. Nous avions espéré opérer sur toutes nos lignes à la mi-mars, mais la réalité est que la plupart des gens ne sont pas autorisés à voyager. Nous enregistrons des niveaux de réservations historiquement bas et de fait, il n'est donc tout simplement pas viable d'exploiter des lignes déficitaires pour l'instant », explique Christophe Mathieu, le directeur général de la société, qui place, comme beaucoup d’acteurs économiques, de fortes attentes dans la montée en puissance des campagnes de vaccination.

Brittany Ferries fait partie des compagnies à la situation des plus critiques. Les seules liaisons qu’elle peut opérer, celles réservées au fret, ne représentent que 20 % de son chiffre d'affaires, l’essentiel de ses revenus étant généré par les passagers. L’an dernier, elle a transporté 700 000 passagers quand elle enregistre d’ordinaire un trafic de 2,5 millions de passagers. Jean-Marc Roué, le président de la compagnie, a resitué il y a quelques jours, à l’occasion des deuxièmes rencontres parlementaires Transmanche, les enjeux pour sa compagnie, certes, mais bien au-delà, pour le pavillon français.

La rédaction

Photo : ©Brittany Ferries