La major pétrolière américaine a annoncé le 20 juillet avoir racheté pour 5 Md$ le producteur de pétrole et de gaz naturel Noble. Chevron s’étend ainsi dans le bassin permien où le coût de production du pétrole et gaz de schiste est particulièrement bas. il poursuivait le même objectif lorsqu’il a tenté de racheter Anadarko Petroleum au printemps 2019.

En mettant la main sur un concurrent, Chevron accroît ses réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel d'environ 18 %, détaille le communiqué et sa présence géographique, notamment dans le bassin de Denver, dans le Colorado et dans le bassin permien, à cheval entre le Texas et le Nouveau-Mexique. Elle lui donne aussi accès à de nouvelles opérations en Israël et en Guinée équatoriale. En fusionnant les deux entreprises, Chevron s'attend par ailleurs à économiser 300 M$ sur ses coûts opérationnels. « C'est une opportunité à bon prix pour Chevron d'acquérir des réserves et des ressources prouvées supplémentaires » a commenté lundi le PDG de Chevron, Michael Wirth, cité dans le communiqué. « Notre bilan comptable solide et notre discipline financière nous permettent d'acheter des actifs de qualité en ces temps difficiles », a-t-il ajouté. Selon l'entreprise, le rachat des réserves prouvées de pétrole et gaz naturel de Noble revient à moins de 5 $ le baril.

Coût de production du pétrole et gaz de schiste est particulièrement bas

L'opération, en incluant la dette, valorise au total Noble à 13 Md$. Le prix d'acquisition, à 10,38 dollars l'action, représente une prime de 12 % sur la moyenne du cours des dix dernières séances. Chevron, qui a une capitalisation boursière de 163 Md$, avait déjà tenté de s'étendre dans le bassin permien, où le coût de production du pétrole et gaz de schiste est particulièrement bas, via le rachat d'Anadarko Petroleum au printemps 2019. Mais la major avait finalement renoncé à surenchérir sur l'offre d'Occidental Petroleum.

20 sociétés pétrolières en faillite

Ce rachat intervient à un moment critique pour les compagnies pétrolières depuis la chute des cours du brut généré par la pandémie. Le cours du WTI, le baril de référence à New York, s'est depuis un peu repris et évolue actuellement autour des 40 $ le baril. Mais bien trop tard pour certaines entreprises du secteur, contraintes de déposer le bilan (Whiting Petroleum en mars, Chesapeake Energy récemment). Selon le cabinet d'avocats texan Haynes & Boone, plus de 20 sociétés spécialisées dans la production de pétrole et de gaz naturel ont fait faillite depuis le début de l'année aux États-Unis.