Après avoir imposé des restrictions sur la consommation de charbon, que le gaz est appelé à remplacer dans la production d’électricité, et alors que les coupures d’électricité de plus en plus nombreuses et longues ont déjà entraîné des fermetures d’usines, Pékin appelle à une augmentation de la production nationale de charbon.

Comme annoncé (cf. enquête sur les vrais gagnants de l’actuelle flambée du prix des énergies), la Chine est particulièrement affectée par la crise de l’énergie découlant de la flambée des prix du charbon, du gaz et de l’électricité. Les autorités chinoises ont demandé à 72 mines de charbon de Mongolie-Intérieure, région de production de charbon en Chine, d’augmenter leur production à hauteur de 98 Mt (source : Securities Times). Il y a quelques jours, Pékin avait déjà demandé aux opérateurs d'électricité d'accroître les importations de charbon « de manière ordonnée » afin d'atténuer la pression sur l'offre.

Le pays est confronté à des pannes courantes d’électricité dans le nord-est du pays, provoquées par des pénuries de charbon. La situation a entraîné des fermetures totales ou partielles d’usines affectant la production et par voie de conséquence, les exportations de l’usine du monde.

Coup de ciseau fatal

Les tensions sur le charbon en Chine résultent d’un ensemble de facteurs qui se sont conjugués : des restrictions sur la consommation d’énergie au cours des derniers mois, associées à prix particulièrement élevés du charbon. La seconde puissance économique mondiale s'est par ailleurs engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, ce qui lui impose de limiter puis d’éradiquer progressivement toutes sources fossiles. Dans la transition, le gaz est appelé à remplacer le charbon qui assure 60 % de sa production électrique.

Aussi, le pays est sorti de la crise sanitaire encore plus demandeur en énergies qu’avant en vue de répondre à la fois à une forte demande mondiale mais aussi à une consommation domestique robuste.

Liberer le charbon sous douane ?

La situation est telle que, selon des sources locales, Pékin serait en train de libérer du charbon australien d'un stockage bloqué sous douane depuis près d'un an, en raison de différends diplomatiques avec Camberra. Mais l’exécutif chinois s'est pour l’instant abstenu de reprendre directement les importations en provenance d'Australie, qui était son deuxième fournisseur après l'Indonésie.

Au cours des sept premiers mois de l'année, les importations de charbon chinois en provenance d'Australie n'ont atteint que 780 000 t, selon le Bimco. À comparer aux 56,8 Mt enregistrés il y a un an à la même période. Si la Russie et la Mongolie ont très vite occupé le vide laissé par l’Australie, les volumes sont loin de compenser le manque à gagner australien.

A.D.

Photo : ©DR